Publié le 16/06/2018 à 16:11

Une saison de rencontres artistiques diversifiées à Plan-les-Ouates

«Le premier élément auquel nous devons penser c’est que notre public est formé de tous les publics.»

 

La Commune de Plan-les-Ouates a dévoilé une saison culturelle 2018/19 à l’image de ses habitants. Pluridisciplinaire, le programme emmènera le public de tous âges à travers quinze rendez-vous, du théâtre à la musique, en passant par la marionnette et l’humour. De la région et d’ailleurs, têtes d’affiche ou nouveaux talents, les artistes invités useront de leur art pour livrer leurs émotions, leurs sources d'inspiration, moteurs de créations uniques. Sous la forme d’une invitation à quitter le réel, la saison plongera le spectateur au cœur de l’action, mise en exergue par le théâtre immersif de la compagnie française (Mic)zzaj qui proposera une réelle expérience sensorielle.

Petit tour d’horizon avec Pascal Mabut, coresponsable du service culturel, qui a composé cette 13ème saison culturelle de la Commune de Plan-les-Ouates.

 

Qu’est-ce qu’une bonne saison culturelle, lorsqu’on la pense en termes de commune?

Le premier élément auquel nous devons penser c’est que notre public est formé de tous les publics et qu’aucun d’eux ne doit être oublié. De tous âges et de toutes envies, c’est le filigrane que suit cette saison de manière plutôt équilibrée, avec toujours une large programmation destinée au jeune public, Plan-les-Ouates étant la ville dont la population est la plus jeune de Suisse.

 

Quel autre élément que le conte, auquel la commune dédie d’ailleurs un festival chaque année début mai, pour rassembler les publics, à l’image du premier spectacle de la saison présenté dans le cadre du festival de la Bâtie en septembre, La Géologie d’une fable, du collectif libanais Kahraba?

C’est un magnifique objet visuel qui se construit en partant de l’argile et de la musique, et qui se nourrit de fables et de contes. Le travail du collectif a été de se demander quelles étaient les origines des origines. Car nous savons par exemple que La Fontaine s’est beaucoup inspiré de l’écrivain grec Ésope, qui lui-même s’était nourri des fables persanes, elles-mêmes étant très certainement arrivées d’Inde. Ce spectacle est un magnifique voyage dans l’histoire de l’humanité, symbolisant l’enrichissement toujours actuel de partager des outils de travail, de nourrir des pratiques artistiques communes, et d’aller à la rencontre de publics de tous bords et de toutes communautés confondues.

 

Cette saison fera également la part belle à de talentueux artistes de la région, à commencer par la Cie Andrayas - MaMaFele de Plan-les-Ouates.

Avec le spectacle W. Femmes sculptées, à destination des enfants dès cinq ans, la Cie Andrayas - MaMaFele, au langage visuel singulier et poétique mêlant mime, danse et manipulation d’objets, fera les portraits de femmes rencontrées lors de quatre années de voyage autour du monde. Des femmes qui défendent une idée de respect de soi au-delà de leur peur et de leur confort.

Cette année, nous coproduirons un spectacle bien particulier qui célèbre ses 100 ans, présenté par la Compagnie Sous Traitement venue de Perly: le mimodrame intitulé l’Histoire du Soldat. Sorte d’opéra de chambre d’inspiration faustienne, l’Histoire du Soldat a été créé sur un texte de Charles-Ferdinand Ramuz et une musique d’Igor Stravinsky. Ce dernier, alors réfugié en Suisse, avait été présenté à Ramuz, de retour de Paris, par le chef d'orchestre Ernest Ansermet qui dirigea l’œuvre lors de sa création le 23 septembre 1918 au théâtre municipal de Lausanne. La compagnie s’est d’ailleurs appropriée une version inédite du texte pour cette création.

Nous retrouverons également la compagnie Le Théâtre l’Articule avec sa nouvelle création Après l’hiver. Venue nous présenter sa première recherche autour du livre pop-up, le Pop-up Cirkus en 2013, puis Super Elle en 2014, la Genevoise Fatna Djahra racontera aux tout petits dès trois ans l’histoire d’un ver qui devient papillon, à travers un petit bijou de théâtre d’ombre.

 

 

De belles têtes d’affiche sont attendues tant côté théâtre que du côté de la musique.

Elle n’est pas encore tout en haut de l’affiche, mais ça ne saurait tarder! Leyla McCalla est une américano-haïtienne très influencée par le jazz et le blues de la Nouvelle Orléans où elle réside, mais aussi marquée par le folk américain. Elle compose des morceaux originaux ou revisite des morceaux traditionnels haïtiens en anglais, en français et en créole. Son signe distinctif, c’est sa joie communicative, comme j’ai pu le constater récemment au festival jazz de Pully, une vraie perle dans notre saison.

Dix ans après sa venue à Plan-les-Ouates, l’Angolais Bonga remontera sur la scène de l’Espace Vélodrome. A 76 ans, ce pionnier du semba, une musique symbole de l’identité nationale angolaise, présentera son 31ème album, Recados de Fora (Messages d’ailleurs), une occasion pour cet auteur-compositeur de revenir sur sa jeunesse, sa prise de conscience aiguë à l’égard de la colonisation portugaise, ou encore sur son initiation à la musique par son père pêcheur et accordéoniste.

La tête d’affiche des plus jeunes s’appelle Gaëtan, l’ami des enfants et des mamans, qui présentera son nouveau spectacle Chope la banane. Avec ses textes fins et percutants, cet auteur-compositeur s’inscrit dans la ligne droite d’Henri Dès. Les enfants connaissent d’ailleurs la plupart des paroles de ses chansons sur le bout des doigts.

Côté théâtre nous recevrons Terminus d’Antoine Rault, soit la rencontre du maître du vaudeville, Georges Feydeau, avec ses personnages, tous issus de ses troubles les plus profonds. Le metteur en scène Christophe Lidon a cherché à décortiquer la mécanique du Feydeau, avec, sur scène, des acteurs incroyables, tels Lorànt Deutsch ou Maxime d’Aboville, Molière du meilleur comédien en 2015.

Nous recevrons également des vedettes de l’humour avec Nous(Prix SSA de l’humour 2018), qui réunira les Valaisans Marc Donnet-Monay et Yann Lambiel. Le monde de l’humoriste qui nous fait part de ses "préoccupations personnelles", et celui de l’imitateur, bête de scène qui veut tout défoncer, ne feront plus qu’un le temps d’un spectacle qui rassemble autour de questions telles que la religion, les nouvelles technologies, le Valais et le vignoble bien sûr. Pour faire un parallèle, nous avons invité une humoriste de la nouvelle génération, la franco-suisse Marina Rollman que certains ont peut-être déjà entendu sur France Inter, dans un style stand up qui ose l’humour noir avec tendresse.

 

Pour clore la saison en beauté, une pièce de théâtre immersif emmènera le public dans une forêt avec Je suis la bête, de la compagnie (Mic)zzaj.

C’est un spectacle incroyable que j’ai eu la chance de voir à Lyon au festival Micromonde. C’est un spectacle à vivre comme nous tentons d’en proposer chaque année. Dernière création de la compagnie (Mic)zzaj, Je suis la bête, est une sorte de concert narratif créé d’après le roman d’Anne Sibran sur l'histoire d'un enfant sauvage, un bébé de deux ans qui est élevé par une chatte dans la forêt. Et c’est dans ce décor spectaculaire que le public sera placé au cœur de l’action par une disposition peu commune de la scène. A travers une mécanique particulière, on sentira réellement cet enfant grandir parmi nous dans cette forêt, jusqu’à ce qu’il rencontre un premier homme.

 

Propos recueillis par Alexandra Budde

 

Découvrez la saison 2018/2019 de la Commune de Plan-les-Ouates en détail sur le site www.plan-les-ouates.ch

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