Publié le 31/10/2017 à 12:08

Un air d’Italie au Victoria Hall

«Le Bel Canto est la forme fondamentale du chant juste. C’est un chant très raffiné qui demande beaucoup de contrôle. Sa pratique devrait être appliquée à tout type de chant et pas uniquement à l’opéra italien.»

 

La fin d’après-midi au Victoria Hall sera douce le 12 novembre grâce à la venue de la Georg Solti Accademia. Dans le cadre des Concerts du dimanche proposés par la Ville de Genève, neuf jeunes chanteurs accompagnés par le pianiste Jonathan Papp célèbreront des airs d’opéra de la tradition italienne chantés dans le plus grand respect du Bel Canto dans un concert intitulé Una Notte a Napoli.

C’est la troisième année consécutive que la Georg Solti Accademia se rend à Genève avec des artistes issus de son programme d’été pour présenter le fruit de leur travail. L’académie, créée en mémoire du grand chef d’orchestre Georg Solti, promeut la transmission de l’art du Bel Canto, un style de chant d’une virtuosité inégalable. C’est sur les rives toscanes de Castiglione della Pescaia que, chaque année, une poignée de talentueux jeunes chanteurs d’opéra venus du monde entier sont accueillis pour suivre trois semaines de masterclasses données par certains des plus grands professionnels de la discipline dont les sopranos Dame Kiri Te Kanawa et Angela Gheorghiu.

Jonathan Papp, pianiste, coach vocal, accompagnateur, directeur artistique et co-fondateur de la Georg Solti Accademia se produira en compagnie de ses anciens élèves pour Una Notte a Napoli. Rencontre.

 

Qu’attendez-vous des jeunes chanteurs que vous acceptez chaque année à l’académie?

Les étudiants doivent avoir un niveau qui nous permette de penser qu’ils vont prendre cette opportunité sérieusement et en tirer le maximum. Nous leur demandons un très haut niveau d’habileté technique ainsi que la preuve d’un grand potentiel. En plus de tout cela, nous nous assurons qu’ils aient une voix appropriée au répertoire de l’opéra italien.

 

Qu’est-ce que l’annuel concert à Genève représente dans la saison de l’académie et pour les anciens élèves?

C’est formidable pour nous et pour eux de nous retrouver à Genève car nous sommes devenus une famille. Nous sommes toujours en contact et nous nous réjouissons de voir ce que chacun accomplit à travers le monde. Notre venue annuelle à Genève depuis maintenant trois ans a été un formidable foyer pour l’académie.

Nos concerts en Italie se jouent généralement en extérieur. Profiter du luxe d’une magnifique salle de concert comme celle du Victoria Hall et de son public est une belle opportunité pour nous de montrer de quoi ces jeunes gens sont capables.

 

La spécialité de l’académie est le Bel Canto, un type de chant harmonieux et équilibré qui trouve son origine dans la tradition italienne…

Le Bel Canto est la forme fondamentale du chant juste. C’est un chant très raffiné qui demande beaucoup de contrôle. Sa pratique devrait être appliquée à tout type de chant et pas uniquement à l’opéra italien. Sa maîtrise est nécessaire pour pouvoir incarner un personnage. Quelques soient les émotions à faire transparaître, le Bel Canto permet à la voix d’adopter les bonnes couleurs et d’être égale. C’est aussi l’assurance d’une longue carrière car, techniquement, c’est une méthode sûre. Lorsque l’on entend quelqu’un chanter admirablement mais que sa pratique n’est pas basée sur cette sorte de chant, nous savons que sa réussite sera de courte durée.

 

Vous avez fondé l’académie en 2004 avec à l’esprit les préceptes de Georg Solti. Celui-ci croyait à l’importance de la transmission du savoir d’une génération à l’autre. Plus particulièrement, il recommandait la maîtrise du Bel Canto. Cette pratique est-elle peu enseignée dans les conservatoires?

Basé sur mon expérience londonienne, je peux dire qu’une grande attention est actuellement portée aux lieder allemands. Pourtant, le chant italien est si fondamental que c’est ce qui devrait être apporté en premier aux jeunes, comme une sorte de base de construction. Quant à l’académie, la joie d’avoir mis ce programme sur pied repose sur le fait que cela avait été l’ambition de Sir Solti avant sa mort. Voilà pourquoi Lady Solti (Ndlr. Valerie Solti, épouse de Georg Solti et co-fondatrice avec Jonathan Papp et Candice Wood de la Georg Solti Accademia) était si désireuse de la réaliser.

 

Le 12 novembre au Victoria Hall, vous accompagnerez neuf de vos anciens étudiants pour Une nuit à Naples, quelle sera l’atmosphère de cette soirée?

Cela va être un beau mélange. J’aimerais amener le public à saisir les liens qui existent entre les chanteurs. Comme je l’ai dit, nous sommes une famille. La soirée ne sera pas exclusivement napolitaine bien que les airs napolitains représenteront une grande partie du programme. Il y aura aussi du Verdi par exemple. Cette soirée sera un mélange d’énergie et d’émotion. Les chanteurs mettront beaucoup de cœur, de passion et de joie dans leur performance. It’s going to be great fun (sic).

 

Lequel des airs, ou arias considérez-vous comme le point culminant de la soirée?

J’en nommerai deux. Premièrement, l’un des grands arias napolitains que le public adorera Torna a Surriento d’Ernesto de Curtis. L’auditoire ne connaîtra pas le deuxième mais l'aimera tout autant; c’est un aria de Luigi Arditi qui s’appelle Il bacio. C’est un air rapide et amusant qui demande beaucoup de gymnastique vocale.

 

Propos recueillis et traduits de l’anglais par Jessica Mondego

 

Georg Solti Accademia | Airs italiens de Vivaldi à Puccini, le 12 novembre 2017 au Victoria Hall à Genève.

Informations et réservations au 0800.418.418 (+41.22.418.36.18 depuis l’étranger) ou sur le site de la Ville de Genève www.ville-ge.ch

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