Publié le 14/09/2014 à 17:48

Théâtre du Grütli, saison 3 !

 

Théâtre du Grütli, saison 3 !

 

Pour sa troisième année à la tête du Théâtre du Grütli à Genève, Frédéric Polier signe une nouvelle programmation qui ose un théâtre critique, un croisement des disciplines artistiques et des rendez-vous créatifs avec les publics, au plus près de notre quotidien.

 

Ouverture de saison attendue dès le 25 septembre avec une reprise à ne pas manquer une seconde fois, puisque le Grütli a la gentillesse de faire un séance de rattrapage pour les étourdis : Cinq jours en Mars de l’auteur, scénariste et réalisateur japonais Toshiki Okada. Pour nouvelle mise en scène de cette histoire fiévreuse, où un couple d’ados « génération Y » choisit de se retrancher 5 jours durant dans un « love hôtel » avec la puissance et l’invincibilité de sa jeunesse, c’est Yvan Rihs qui s’y colle, en collaboration chorégraphique de Kylie Walters et d’une équipe artistique explosive, à l’image de la mystérieuse et électrique Olivia Csiky Trnka.

 

 

Viendront ensuite 10 autres spectacles servis par des artistes exclusivement suisses tels Eric Salama, avec un diptyque des plus surprenants, puisqu’il s’agit de faire dialoguer le si léger Labiche (L'Affaire de la rue Lourcine) et le si grave Bond (Si ce n'est toi) ; ou encore, La Trilogie de Belgrade de l’auteure serbe Biljana Srbljanovic, qui nous livre ici une tragicomédie autour de la thématique de l’exil et de l’utopie d’une vie meilleure. Dans une mise en scène de Véronique Ros de la Grange, qui agit en étroite collaboration artistique avec Jacques Michel – que nous aurons le plaisir de retrouver sur le plateau – la pièce dialogue avec de nombreuses autres propositions programmées cette saison, autour de la réalité frontalière et du rêve de beaux lendemains qui l’accompagne. C’est ainsi qu’Angels, de Cosima Weiter et Alexandre Simon, questionne à son tour l’eldorado que représente la fameuse cité des anges, Los Angeles, pour de nombreux migrants tentant sinon de s’enrichir, de survivre. Avec la complicité de l’excellent Blaine Reiniger (Tuxedomoon), que nous aurons la chance de retrouver en version live (Wouahouu !), le duo s’attache ici à rendre compte de ces « vies en chemin » rencontrées durant leur voyage, au moyen d’un savant montage audiovisuel d’une collecte de matériaux réalisée in situ. Tout ira bien, de Jérôme Richer, nous invite de son côté à interroger notre regard et notre rapport à la communauté Rom, qui agite tant les politiques et les médias. C’est qu’il convient de ne pas se laisser abrutir par les discours dominants et les idées préconçues. Merci !

 

Mais au rang des spectacles à réserver impérativement, ajoutons sans hésiter celui signé Joël Maillard, avec Pas grand-chose plutôt que rien, projet développé avec l’aide précieuse de Jean-Charles Masséra. Pour les lecteurs inconditionnels de Masséra, cela devrait suffire à donner le ton. Pour les autres, soyez curieux et partez à la découverte de cet apprenti boulanger qui a bien fait de bifurquer vers le théâtre, et qu’on a déjà vu jouer notamment chez Denis Maillefer, Guillaume Béguin – pour autre repère de « famille d’appartenance ». Et bien entendu, la création de Frédéric Polier, directeur du Théâtre du Grütli, qui s’attaque au texte de Rafael Spregelburd, La Paranoïa, avec la complicité d’une distribution en cours, mais déjà bien prometteuse (Jean-Alexandre Blanchet, Pietro Musillo, Madeleine Piguet Raykov…). Cinquième opus d’une étrange Heptalogie de Hieronymus Bosch par Rafael Spregelburd, qui prend pour point de départ une rencontre hasardeuse avec Les Sept Péchés Capitaux. Après L’Inappétence, L’Extravagance, La Modestie, La Panique, et La Connerie,  voici donc venir La Paranoïa (à laquelle succèdera L’Entêtement) ou l’auteur pose la question : « Quand le monde des hommes aura épuisé toutes ses fictions, que restera-t-il aux extra-terrestres pour se nourrir ? »

 

Il y aura de la danse aussi au Grütli, avec Les Renards des surfaces de Perrine Valli & Francine Jacob, pièce créé dans le cadre de La Bâtie en collaboration avec le Théâtre Vidy-Lausanne. Sur scène : le metteur en scène Guillaume Béguin, le danseur et chorégraphe Foofwa d'Imobilité, le musicien Polar ou encore les comédiens Fred Jacot-Guillarmod, Denis Podalydès et Stanley Weber (ben voyons !), tous convoqués ici pour questionner leur rapport sinon au féminisme, au féminin. C’est en délicieuse maîtresse de maison que Tamara Bacci mène la danse, interrogeant tour à tour ces « garçons » que l’on connaît bien. Mais aussi Out of the box, Biennale des arts inclusifs section danse conçue en collaboration avec la compagnie Dansehabile (Genève) qui présentera sa nouvelle création à cette occasion. 

 

Enfin, rappelons que 6 menus créatifs seront proposés aux publics, dans la cadre de la seconde édition du programme Midi, théâtre ! De quoi combiner un plat du jour et une création théâtrale de 30 à 40 mn, au tarif global de 30 francs. Un repaire pour réinventer sa pause méridienne avec ses collègues de bureau !

 

Sèverine Garat

 

Programme complet de la saison 2014/15 du Théâtre du Grütli disponible sur leprogramme.ch et sur le site du théâtre www.grutli.ch