Publié le 05/07/2016 à 16:35

Saison fertile à Plan-les-Ouates

Plein feux sur la 11ème édition de la saison culturelle de Plan-les-Ouates

 


Connue pour la place de choix qu’y occupe le théâtre, mêlant audacieusement ici le sport, et là la science, cette saison présente aussi de nombreux spectacles pour les enfants «parce qu’il est important de faire découvrir le théâtre aux plus jeunes», souligne Pascal Mabut, coresponsable du service culturel de la Commune de Plan-les-Ouates. Chorégraphies et concerts viendront parfaire une programmation 2016-2017 qui s’adresse à tous et à toutes les bourses.

 

 

Danse contemporaine et plus si affinités

La saison débutera avec Tordre (10 septembre), la dernière chorégraphie de Rachid Ouramdane, où deux danseuses, Lora Juodkaite et Annie Hanauer, aux particularités physiques extraordinaires, offrent une ode d’amour à la danse et à celles qui la font. En partenariat avec La Bâtie-Festival de Genève, ce spectacle permettra de découvrir le chorégraphe français dans le registre de l’intime qu’on lui connait peu.

Dans la Symphonie dramatique (9 décembre), Hélène Blackburn revisitera avec mordant le mythique couple de Roméo et Juliette sur la trame sonore de Martin Tétreault. Ce dernier détourne avec audace les partitions musicales inspirées de cette tragédie: Prokofiev, Tchaïkovski, Gounod et bien d’autres.

Les enfants dès cinq ans pourront également se familiariser au monde de la danse avec le spectacle Pop up garden (21 et 22 janvier), divisé en une partie chorégraphique et un atelier interactif. La Cie TPO a choisi de rendre hommage à Gilles Clément (botaniste, poète et jardinier) et à ces petits héros qui, à partir de rien, créent des jardins dans les endroits le plus inattendus. Grâce à l’utilisation de capteurs et de technologies numériques, l’art et le jeu interagiront au-delà des barrières de la langue et de la culture.

 

Spectacles pour les bambini à l’honneur

Les enfants dès sept ans retrouveront le monde précieux de l’environnement dans Le jardinier (26 et 27 novembre) de Mike Kenny où le comédien Brice Coupey, à la fois narrateur, acteur et manipulateur, fouille la terre de son jardin et le champ de sa mémoire. Il se souvient du temps où il venait d’avoir une petite sœur qu’il surnommait «gros bébé fé-fesses face de pruneau».

Lorette Andersen présentera ses contes en pelotes aux tout-petits dans Un jour mon petit doigt m’a dit (17 et 18 décembre à La julienne). Créé lors du festival La Cour des Contes en 2011, ce spectacle mêle histoires traditionnelles, histoires à doigts, ombres, chansonnettes et histoires à ficelles, toutes issues de la tradition orale des premières histoires à nourrices.

Après Si seulement je pouvais avoir peur! en 2012 et Il va vous arriver quelque chose… en 2013, La Cie Pied de biche de Lausanne reviendra avec Adieu, papa! (11 et 12 mars), un spectacle débordant d’énergie conseillé dès quatre ans. Marionnettes, objets et acteurs-manipulateurs racontent l’histoire de ce papa stressé croulant sous le travail, qui, de retour à la maison, interdit à Margot de jouer avec ses amis imaginaires. Fâchée, elle décidera de partir avec son doudou, en quête d’un pays où ils pourront jouer toute la journée, pendant que son père la cherchera partout.

A noter également le retour de la Cie Tohu wa bohu qui avait créé en 2015 Dis mémé, ta vie comment c’était, présenté au festival La Cour des Contes. Dans Je suis Boue (20 et 21 mai), Myriam Boucris et Dominique Rey expliquerons aux plus de 3 ans qui sont les enfants boue.

 

 

Théâtre: de Marc Lavoine à Romane Bohringer

Pour la première fois au théâtre, Marc Lavoine partagera l’affiche avec Géraldine Martineau dans Le poisson belge (15 octobre) de Léonore Confino. Dans ce conte fantastique, un homme desséché par la solitude rencontre une petite fille insolente sur un banc. A travers ses questions pas toujours innocentes, cette fillette met en lumière avec finesse des thèmes comme la force de l’entraide, le droit à la différence et les difficultés de l’enfance.

De l’humour grinçant sera au programme avec La beauté, recherche et développement (20 octobre) de Florence Muller et Eric Verdin. Dans cette pièce survoltée qui a connu un triomphe au Avignon Off et à Paris dernièrement, les normes esthétiques actuelles et l’effroi du vieillissement se sont imposés comme sujets à catharsis.

C’est dans un champ de canne à sucre sud-africain que Romane Bohringer retrouvera Hippolyte Girardot pour Terre noire de Stefano Massini (10 février). La pièce, mise en scène par Irina Brook, nous embarquera dans une bataille psychologique digne d’un thriller hollywoodien: celle d’une femme seule contre les multinationales.

«Je suis le maître de la danse, flottant comme un papillon, piquant comme une abeille», disait Mohamed Ali. Diminué après 10 ans de gloire internationale, le légendaire boxeur affronte le redoutable George Foreman dans un match aux enjeux symboliques. Derrière la fascination du mythe, Nicolas Bonneau se saisit de ce moment d’anthologie pour replonger dans l’histoire de la société américaine des années 60 et 70 sous la forme originale d’un ciné-récit-concert: Ali 74, le combat du siècle (4 mai).

Le théâtre se mêlera à la science dans Face à la lumière (1er mars) de Jennifer Anderson, venue présenter Les gens ont des étoiles qui ne sont pas les mêmes à La Cour des Contes en 2014, résultant d’une première rencontre entre chercheurs en astronomie et artistes. Elle invite cette fois Jean Lilenstein, astronome et planétologue français spécialiste de l’activité solaire et de son impact sur les planètes du système solaire, à la rejoindre sur scène.

Pourquoi les poules préfèrent-elles être élevées en batterie? (29 mars), c’est ce que l’humoriste Jérôme Rouger, directeur de l’école d’agriculture ambulante pour l’occasion, abordera lors de son cours magistral sur les droits de la poule et les conditions de vie de l’œuf. Entre informations scientifiques et propos plus discutables, ce spécialiste des allocutions détournées investit le champ de l’absurde et de la métaphysique pour refléter des problématiques très actuelles.

 

 

Entre folklore et musique actuelle

Crée en 2005, le Elina Duni Quartet rassemble (29 septembre) Colin Vallon au piano, Patrice Moret à la basse, Norbert Pfammatter à la batterie autour d’Elina Duni au chant. Originaire des Balkans, cette dernière signe un nouvel opus, Dallëndyshe (Hirondelle), sorti en 2015, qui mélange les chants folkloriques de son pays au jazz. Plus qu’un simple mélange des genres, Elina Duni a su créer son propre style.

Jarle Bernhoft (27 janvier), aussi connu sous le nom de Bernhoft, est ce qu’on appelle un phénomène musical. Ce multi-instrumentiste norvégien, chanteur et compositeur, élabore une soul habile maniant des boucles de pédales inventives (guitare, chant, sifflement, clappement de mains). Son dernier opus, Islander, a été nommé aux Grammy awards en 2015 dans la catégorie meilleur album RnB, quelque chose qui ne s’était pas vu depuis une vingtaine d’années pour un Européen!

Melingo (7 avril), souvent qualifié de Tom Waits argentin, fait pourtant partie des artistes inclassables, loin de l’archétype du tango classique. Véritable coup de cœur de la Saison culturelle de Plan-les-Ouates en 2010, le chanteur crooner, aux allures de dandy punk et à la voix rocailleuse, nous fait le plaisir de revenir sur la scène de l’Espace Vélodrome avec son nouvel album Anda, qui sortira en septembre 2016.

 

Alexandra Budde

 

Découvrez la saison culturelle 2016-2017 de Plan-les-Ouates en détail sur leprogramme.ch ou sur le site www.plan-les-ouates.ch

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