Publié le 02/09/2014 à 14:53

La Bâtie : 38 bougies et pas une ride !

 

La Bâtie : 38 bougies et pas une ride !

 

Voici déjà 38 ans que La Bâtie-Festival de Genève investit la ville et ses environs pour le plus grand plaisir des spectateurs de Genève et d’ailleurs, à la rencontre de celles et ceux qui font la scène artistique d’aujourd’hui et de demain. Dès ce soir et durant 16 jours, c’est à plus de 60 projets que nous aurons affaire, au plus près du renouveau scénique contemporain.

 

Avant même de tirer le coup d’envoi prévu ce 29 août, La Bâtie affiche déjà complet sur un grand nombre de ses spectacles. Si « rentrée » veut dire « fin de la douce vacance », il n’empêche que nous sommes nombreux à retrouver le sourire dès lors que nous y voyons aussi la possibilité d’un tel rendez-vous ! Pourquoi ? Parce qu’au regard de la scène artistique contemporaine genevoise, il est certain que La Bâtie-Festival de Genève n'est pas en reste. Avec une programmation internationale qui choisit de convoquer les artistes les plus « repérés » du moment, Alya Stürenburg Rossi, directrice dudit festival, fait le pari d’une composition qui témoigne de ce qui s’invente et se cherche aujourd’hui, sur les scènes chorégraphiques, théâtrales, musicales et plastiques. D’ailleurs, peu nous importe cette catégorisation disciplinaire, quand les artistes qu’elle convoque n’ont que faire de ces appellations.

 

Engagés dans un travail à la croisée de l’étude critique et de la création artistique, ce sont avant tout des hommes et des femmes, en prise avec le monde et le réel de notre temps. Qu’on les appelle artistes engagés ou artivistes, qu’on qualifie leurs œuvres d'indisciplinaires, d’essais-vidéos, de théâtre-documentaire ou d’esthétique relationnelle, après tout, pourquoi pas. Mais ce qui est essentiel dans leurs démarches et leurs processus de création, c’est surtout qu’ils inventent des nouveaux territoires de l’art, de nouvelles formes de partages esthétiques, critiques et politiques.

 

Pour grand acteur-témoin de cette « famille d’artistes », Alya Sturenburg Rossi a fait le choix d’un jeune metteur en scène zurichois : Milo Rau. Après des études de sociologie, de langue et littérature allemande et romane à Paris, Zurich et Berlin, c’est en 2007 qu’il opte pour la voie artistique pour terrain d’études et d’expérimentations. A la tête d’une maison de productions théâtrales et cinématographiques, l’International Insitutute of Political Murder (IIPM), Milo Rau signe une œuvre des plus novatrices qui emprunte tant à la mise en scène qu’aux montages sonores et/ou visuels, pour outils de composition et de représentation. Avec Hate RadioBreivik’s statementThe civil wars ou encore Les Derniers Jours des CeausescuLes procès de Moscou ou City of change, l’artiste pose un nouveau regard sur l’actualité politique, sociale et culturelle, à travers des propositions aux formats et langages hybrides, entre reconstitution historique, débat d’idées et relectures performées d’un théâtre éminemment politique.

 

Dans la même veine, certains habitués du festival à ne pas manquer tels, le collectif flamand Berlin avec Perhaps all the dragons, installation performative programmée au Pavillon Sicli-Maison de l’architecture ; Rimini Protokoll avec Situations Rooms, installation interactive où le spectateur est invité à « pénétrer l’opacité du marché des armes » ; ou encore Alain Platel, ovationné par les publics et les médias lors de sa venue en 2010 au titre de grand invité, qui nous revient avec Tauberbach et un anniversaire : celui de sa compagnie Les Ballets C de la B. L’occasion aussi de découvrir le collectif She she Pop programmé en collaboration avec Le théâtre du Loup et le Théâtre Vidy-Lausanne (pour la première fois associé au Festival) qui convoque leurs pères et mères sur scène avec Testament et Le Sacre du Printemps. Enfin de grands incontournables : Le sulfureux Vincent Macaigne, pour lequel il faudra se précipiter au Théâtre de Vidy pour une version revisitée de L’Idiot de Dostoievski ; la si singulière Meg Stuart, avec un premier solo autobiographique émouvant Hunter, qui mêle danse, arts plastiques et collage musical. Et tant d’autres encore… A retrouver dans nos colonnes pour retours critiques à venir. La Bâtie : C’est parti !

 

Sèverine Garat

 

38ème édition de La Bâtie-Festival de Genève
Du 29 août au 13 septembre 2014

Programme complet sur leprogramme.ch et sur le site du Festival : www.batie.ch

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