Publié le 06/02/2020 à 17:20

L’Epicentre met la musique au centre

«Nous ne présentons par les jeunes artistes de la région comme des «découvertes». Il y a des artistes très talentueux par ici, il y en a même de plus en plus»

 

L’Epicentre est déjà bien engagé dans sa rentrée. Au printemps, la salle mettra plusieurs fois en valeur des talents de la région. D’abord parce qu’ils ont du talent! Marzella, Martinez, Lyosum poseront leur voix et leurs guitares à l’Epicentre. Puis le mois de mai se déclinera avec la soul d'Awa Ly, et avec l'orchestre new-yorkais de mariachi féminin Flor De Toloache

Difficile de chercher des points communs entre ces artistes. L’Epicentre aime le blues, la chanson, la soul. L’Epicentre aime bien les gens qui aiment bien la musique,
et est bien content de pouvoir leur offrir de bonnes conditions pour s’exprimer. Petit tour de piste avec le programmateur Stéphane Radice

 

 

 

Dans le cadre du festival Antigel, vous accueillez Pomme (le 10 février). Des retrouvailles?

Oui. Sauf erreur, nous avions été les premiers à organiser un concert d’elle en Suisse, il y a 4 ans. Je l’avais vue sur scène à Paris, elle avait dix-huit ans, et il y avait déjà une qualité et une maturité d’écriture incroyable. C’est chouette lorsqu’une artiste qu’on a invité alors qu’elle n’était pas connue se retrouve autant sur le devant de la scène. 2020 pourrait bien être «son» année.

 

 

En mars, autre festival, Voix de Fête, et concert de David Walters (le 7 mars).
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Pour nous qui avons un fonctionnement de club, les collaborations avec les festivals sont toujours un plus – surtout si nous nous entendons bien, ce qui est le cas autant avec Antigel qu’avec Voix de Fête. Dans les deux cas, nous étions très vite tombé d’accord sur l’artiste, il fallait juste voir ensuite qui avait les meilleurs connections pour la-le faire venir!

 

David Walters n’est pas un inconnu.

L’émission de Canal Plus Les nouveaux explorateurs à laquelle il a collaboré lui a fait mettre quelques années sa carrière en suspens. Je n’arrive pas à juger dans quelle mesure cette exposition à la télévision aura un impact sur le public. Nous avons une audience pour les artistes blues et/ou soul.
Son précédent album avait été enregistré à La Nouvelle-Orléans avec la communauté créole. Pour moi, celui-ci est tout autant un regard à cette scène de musiciens des Caraïbes, dans le New York des années septante et huitante. L’accueil de son album par les professionnels est en tout cas excellent.

 

Entre les deux, un projet des plus locaux, Jonas et le chant des roseaux (le 22 février).

C’est un projet né à la Fête de la Musique qui avait été très bien reçu. Jonas souhaitait le relancer, il a reçu beaucoup de soutien, notamment celui de la Fondation romande pour la Chanson et les Musiques Actuelles (CMA). Nous allons pour notre part lui accorder une résidence afin de lui permettre de préparer ce concert dans de bonnes conditions dans notre salle. Cette rencontre entre le rap de Jonas et la musique baroque de l’orchestre qui l’accompagne se profile dans la logique de son précédent album, Oxymore, dans lequel il travaillait déjà avec des musiciens. Sur scène, cela me faisait parfois penser à Cesaria Evora…

 

 

Vous avez ensuite deux soirées découvertes, avec pas mal d’artistes locaux. Marzella et Martinez (le 21 mars), et Lyosun et Mora Mora (le 25 avril).

Nous ne les présentons par comme des soirées découvertes. Il y a des artistes très talentueux par ici, il y en a même de plus en plus. Ils ont simplement pas toujours un spectacle de 80 ou 90 minutes en eux. Cette formule leur permet de jouer une heure, de se présenter au public. Marzella est un duo folk qui fait valoir des harmonies vocales magnifiques. Martinez vient de sortir un premier disque, elle va pouvoir le jouer pour la première fois devant un public.
Lyosum est un multi-instrumentiste que j’ai découvert à la Fête de la musique. J’adore son travail avec les boucles. C’est une pop un peu plus vigoureuse que ce que nous proposons d’habitude à l’Epicentre, ce qui nous va très bien quand même. Mora Mora, enfin, est une totale découverte. C’est une jeune femme d’origine malgache et son groupe. Cela faisait un moment que je voulais la faire venir, l’occasion s’est présentée.

 

Trois de ces artistes ou groupes sont originaires de la région. Vous accordez-vous un rôle de découvreur, de facilitateur?

Historiquement, il n’était pas évident pour l’Epicentre de proposer des groupes genevois. Ceux-ci avaient déjà donné des concerts dans les salles de la ville, il était difficile ensuite de remplir une salle située à la périphérie. Depuis, nous avons réussi à fidéliser un public, et nous aimons bien inviter des groupes locaux, mais en leur proposant un petit plus. Une résidence pour Jonas et le chant des roseaux, un concert lié à la sortie d’un album pour Martinez. Il y avait un vrai manque dans ce domaine par ici, mais la situation est en train de changer – j’ai appris par exemple que Marzella avait bénéficié d’une résidence aux Docks de Lausanne. Pour des artistes qui se lancent, ce sont des expériences précieuses.

 

Et pour votre clôture de saison, vous mettez le cap sur New York, ou plutôt sur le New York de Flor de Toloache (le 26 mai).

C’est un coup de coeur. J’adorais cette idée de créer un orchestre de mariachi féminin. Elles sont issues des communautés hispaniques de New York, sont incroyablement talentueuses et arrivent à s’approprier un nombre incroyable de répertoires. Par exemple, elles font des reprises de Nirvana dans le style mariachi. Pour nous qui aimons bien faire venir des groupes qui sont connus dans leur pays - mais pas ici - c’était une occasion rêvée. Mais quand nous avons pris cette décision, nous ignorions qu’elles allaient être nominée pour un Grammy, et je ne savais pas qu’elles avaient travaillé sur un duo avec John Legend. Je m’attends à une belle fête pour cette clôture de saison!

 

Propos recueillis par Vincent Borcard

 

Informations, réservations
www.epicentre.ch
 

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