Publié le 27/12/2016 à 13:23

Haydn et Mendelssohn au BFM

«La voix est l’instrument le plus direct du monde : il est connecté au corps, au corps, aux émotions.»

 

Pour son premier concert de 2017, Passion latine, l'Orchestre de Chambre de Genève nous propose un programme jouant avec les contrastes de deux œuvres monumentales: le moyen de réaliser le changement d'année en douceur. Le concert du 10 janvier envoûtera le Bâtiment des Forces Motrices à Genève par les notes vaporeuses des Sept Dernières Paroles du Christ en Croix, pièce composée par Joseph Haydn en 1786. Proposée dans sa version pour orchestre et chœur, cet oratorio invite au recueillement et la méditation. Puis, des violons ondoyants viendront réveiller les esprits encore embrumés des festivités natales: ce sera L’Italienne. Cette quatrième symphonie, composée en 1830, est considérée comme la meilleure de Félix Mendelssohn, avec son Écossaise.

Ces deux œuvres, à la fois opposées et complémentaires, sont bien connues du Maestro Daniel Reuss. Il dirigera ainsi le 10 janvier L'OCG accompagné de l'Ensemble Vocal de Lausanne, dont il est l'actuel directeur. Interview.

 

 

Pour ce concert, vous avez choisi de monter la symphonie n°4 de Mendelssohn, L’Italienne, pour quelles raisons?

C’est très simple. L’OCG avait déjà proposé Les sept dernières paroles du Christ en Croix de Haydn et il fallait trouver une œuvre qui n’emploie pas d’autres instruments. Ainsi, les orchestrations du Haydn et du Mendelssohn sont presque similaires. Je voulais mettre aussi un peu de contraste dans le programme. L’œuvre de Haydn est grave et méditative, construite par des adagios plutôt lents, sauf la fin est plus rapide avec le terremoto (tremblement de terre). C’est une pièce un peu sérieuse et c’est peut-être pour cette raison qu’elle est moins connue que L’Italienne, qui est très joyeuse, plus extravertie et ouverte.

 

Haydn a d’abord écrit une version instrumentale des Sept Dernières Paroles, qu’est-ce que le chœur apporte au sein de cette œuvre?

En fait, il y a trois versions des Sept Dernières Paroles: la version pour quatuor à cordes, pour orchestre, puis pour orchestre et chœur. Il a composé la version pour chœur en raison du grand succès des deux précédentes. Musicalement, il n’y a pas beaucoup de différences, si ce n’est que la version avec chœur contient plus d’instruments à vent. Le grand changement est la présence de paroles, et le livret est très beau. Évidemment cette configuration pour orchestre et chœur est plus riche de sons, plus élaborée. Certains préfèrent le quatuor à cordes car c’est la version qui révèle l’essence et la pureté de l’œuvre. Pour ma part, j’aime beaucoup les trois versions car la musique de Haydn est simplement magnifique.

 

Comment est née cette collaboration avec l’Orchestre de Chambre de Genève?

L’année dernière, l’Ensemble Vocal de Lausanne avait déjà présenté un concert avec L’OCG, il s’agissait de Rosamunde de Schubert dirigé par Arie van Beek de L’OCG. C’était donc à mon tour de proposer quelque chose. Pour être honnête, je n’ai pas encore travaillé avec l’Orchestre mais j’ai de grandes attentes car c’est un beau projet à défendre.

 

 

Vous avez repris la direction de l’Ensemble Vocal de Lausanne en 2015, quelles en sont les forces?

C’est un groupe très motivé et les répétitions apportent beaucoup de joie à tous les musiciens. Le défi, en reprenant un orchestre dirigé pendant cinquante ans par Michel Corboz, était de montrer que l’institution peut exister sans lui. Nous gardons cependant le contact avec Michel Corboz, en tant que fondateur il est très important pour l’Ensemble. Je travaille aussi pour la Capella Amsterdam mais j’ai organisé mon planning pour être plus présent à Lausanne l’année prochaine et intensifier le travail. Nous avons déjà enregistré une version du Roi David de Arthur Honegger qui sortira en janvier.

 

Qu’est-ce qui vous plaît, dans la conduction des voix?

La voix est l’instrument le plus direct du monde: il est connecté au corps, au cœur, aux émotions. Si on arrive à faire chanter un chœur et à l’amener dans le même esprit, le même son, j’ai l’impression que cela donne beaucoup de sens à la vie.

 

Propos recueillis par Marie Sophie Péclard

 

Passion latine, un concert de L’Orchestre de Chambre de Genève et de l’Ensemble Vocal de Lausanne sous la direction de Daniel Reuss.

Bâtiment des Forces Motrices à Genève le 10 janvier 2017. Renseignements et réservations au +41.22.807.17.90 ou sur le site www.locg.ch

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