Publié le 21/12/2019 à 13:05

Go Go Go: Le Grütli brasse les cartes

«Il sera intéressant de voir comment le public va se déplacer à l’intérieur du bâtiment, déambuler d’une proposition à l’autre, passer d’un spectacle créé à partir d’un texte à une performance, puis à une écriture de plateau»

 

«Trois jours boulimiques et gratuits - Un début d’année sur les chapeaux de roue». Avec Go Go Go!, premier du nom, le Grütli lance un festival foisonnant et transdisciplinaire. Du 9 au 11 janvier, de l’après-midi à la nuit, les visiteurs sont invités à déambuler dans la Maison des Arts du Grütli, et à découvrir (presque) au hasard des étages, 14 propositions – mot fort pratique pour rassembler un ensemble de performances, d’installation, de spectacles de théâtre, montés à partir d’un texte ou pas… La plupart des spectacles ne dépassent pas une heure temps, l’idéal pour rechercher les découvertes, les contrastes, les correspondances, en passant par les escaliers ou en usant des ascenseurs.

Pour les deux directrices, Barbara Giongo et Nataly Sugnaux Hernandez, l’occasion est belle, et belle et l’occasion de faire tomber un peu plus les murs qui séparent les genres, et de se rapprocher de la recherche artistique sans frontière.

 

 

Vous allez investir cinq espaces de la Maison du Grütli avec 14 propositions – spectacles, performances et installations. Un programme volontairement foisonnant?

Oui et il y aura souvent plusieurs propositions qui se dérouleront en même temps – sans parler des installations, en continu. Mais comme chaque proposition est montrée deux fois, il sera possible de tout voir. Ca devient un Marathon mais c’est faisable.

 

Avez-vous envie d’étourdir les spectateurs?

En tout cas favoriser les chocs esthétiques. Et faire en sorte de susciter la curiosité. Le plus long des spectacles doit durer environ 1h10. Il est donc possible de prévoir se déplacer en ayant prévu de voir deux propositions, et sur place se laisser tenter par autre chose.

 

En quoi les spectacles de ce programme se différencient-ils de votre saison?

La différence n’est pas fondamentale. Mais dans notre pratique nous aimons bien programmer des spectacles au moins six fois, et tous les projets ne s’y prêtent pas. Une performance par exemple, plus ancrée dans le ici et maintenant, est moins adaptée à la répétition des représentations. Ce modèle peut aussi représenter une forme de pression pour les artistes. Ce festival permet d’avancer plus léger, avec une part d’expérimentation que nous acceptons volontiers.

 

 

La préparation de l’événement a-t-elle suscité des vocations?

Cela ne se passe pas dans ce sens-là. Quand nous avons pris la tête du Grütli, nous avons fait savoir que nous étions intéressées par toutes propositions d’arts vivants. Au fil des mois, dans notre travail de programmatrices, nous ne recevons donc pas que des gens de théâtre. Cette ouverture nous permet de vérifier que les artistes travaillent de plus en plus dans la transversalité, entre les disciplines. Cela se reflète dans le contenu de ce festival. Il y a du corps, de l’installation, des arts plastiques, du cinéma. Le panel est large.

 

Même du théâtre?!

Bien sûr. L’accueil traditionnel ne convient plus à l’ensemble des créations. Mais il se prête encore très bien à beaucoup d’entre elles. Nous avons aussi la chance d’avoir deux salles qui offrent de grandes possibilités de modulation.
Le spectacle de Xavier Fernandez-Cavada est a priori très classique. Il interprète un texte de Pier Paolo Pasolini. C’est un travail de comédien, il propose un travail scénique, une recherche dans l’espace, que nous avions découvert au Tamco, et que nous avions envie de faire résonner.

 

 

Donc, vous ne proposez pas que des créations.

Pas forcément. Cela va de spectacles que nous avions déjà vu, à d’autres qui résultent de cartes blanches accordées à des artistes avec lesquels nous avions envie de travailler. Jérémy Chevalier vient de la HEAD, des beaux-arts. Il ne part pas du tout d’un texte. Au Centre culturel des Grottes, il avait construit un robot. Nous nous intéressons à sa façon de réfléchir et de travailler. Nous lui avons proposée de faire ce qu’il voulait, avec ou sans robot.
Ce n’est pas non plus un exercice de découvertes. Yann Marussich est quelqu’un de connu, d’important. Il nous avait parlé il y a déjà longtemps de Béton et de sa recherche qu’il a entrepris sur la résistance des matériaux. Le contexte de ce festival convient parfaitement à cette performance: ce n’est pas quelque chose qui est programmable trois jours du suite.

 

Vous attendez quelque chose de l’enchaînement des représentations?

Ce sera intéressant de voir comment le public va se déplacer à l’intérieur du bâtiment, déambuler d’une proposition à l’autre, passer d’un spectacle créé à partir d’un texte à une performance, puis à une écriture de plateau.

 

Une énergie dégagée par la répétition des découvertes?

Peut-être. Et aussi l’occasion de découvrir qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les formes. Il y a juste la réflexion des artistes sur le travail scénique aujourd’hui, qui peuvent se répondre et se nourrir les unes des autres…

 

Propos recueillis par Vincent Borcard

 

Go Go Go!, du 9 au 11 janvier 2020 à la Maison des Arts du Grüti. Dès 19h le jeui, dès 18h30 le vendredi, dès 14h30 le samedi.

Programme complet, grille de programme:
grutli.ch

L’entrée aux spectacles est gratuite, dans la limite des places disponibles. Des contremarques seront distribuées au rez-de-chaussée.

Capella Gabetta - CdDSongs - TFMSmall G - La Comédie