Publié le 20/05/2016 à 18:51

Friction(S), cirque en ville d’Annemasse

Friction(S) invite le spectacle vivant en ville

 

Le festival est entièrement gratuit et dure trois jours, du jeudi 26 au samedi 28 mai. L’occasion pour la salle annemassienne Château Rouge d’investir la ville et de sortir de ses murs. Car tout se passera effectivement en extérieur, sur son parvis, dans un parc à l’ombre d’un saule, ou en centre ville, sur la place de l’Hôtel de ville ou de la Libération. Cirque, danse, théâtre, déambulation, opéra, musique… Parfois toutes les disciplines s’entremêlent, parfois pas. Il y a aura des concerts chaque soir sur le parvis de Château Rouge. Le Franco-Libanais Bachar Mar-Kalifé, entre piano technoïde et lyrisme oriental, ouvrira les feux jeudi 26. Samedi 28, on dansera sur l’electro tribale, ethnique et futuriste du groupe 3somesisters. La Cie Trois Points de suspension vous invite à partir à la recherche d’un ailleurs prometteur avec sa promenade théâtrale Looking for Paradise, vendredi et samedi. Les comédiens et chanteurs de la Compagnie Oposito reviennent quant à eux après leur mémorable Kori Kori il y a deux ans. Cette fois-ci, les interprètes vous embarquent pour une heure trente de théâtre electro-lyrique sur la Place de la Libération samedi soir avec La Symphonie des Sapins. Friction(S) démarre jeudi en fin d’après-midi avec Parcours, une performance sonore et visuelle mise en scène par Karim Bel Kacem, à la frontière entre la danse et le sport (à 18h), suivi de CRI (à 19h). Petit aperçu.

 

 

Le CRI, entre slam et trampolines

Ce «cri» se dit «kiaï» en japonais, nom que Cyrille Musy a donné à sa compagnie fondée il y a trois ans. Aujourd’hui l’acrobate, danseur et metteur en scène formé au Centre national des arts du cirque (CNAC) en France en tant que porteur, acrobate et trampoliniste, ayant collaboré avec des chorégraphes comme Philippe Decouflé, Kader Attou ou Sébastien Lefrançois, présente sa nouvelle création. On est loin de ce qui se passe traditionnellement sous les chapiteaux, mais pas si loin du cirque. Le concept que nous propose ici ce fan de hip hop, de musique et d’arts martiaux s’articule autour d’un mât et de trois trampolines. Voilà ce qui est au cœur de CRI. Sur la place de l’Hôtel de ville, quatre acrobates n’en finiront pas leurs révolutions des corps. Et c’est en musique que ça se passera, avec le slameur Arthur Ribo, accompagné par le son acoustique du musicien Victor Belin. Un échange entre les corps, les disciplines et les récits, proposé par Cyrille Musy et son complice Sylvain Decure.

 

Danse aérienne au parc

Une bonne partie du festival se déroulera aussi en pleine nature. Vendredi et samedi matins, le parc Montessuit accueillera plusieurs spectacles, proposés à des horaires différents, à voir en famille ou en temps scolaire. La Compagnie Retouramont propose de la danse aérienne avec Voluminosité, qui se construit et se transforme dans l’espace autour d’une sculpture métallique de 6,4 mètres de haut. Un duo de danseuses, complices ou rivales, manie un amas de tubes métalliques qu’elles font basculer ou rouler dans tous les sens. Si bien qu’en voltigeant et en dansant, elles construisent une sorte d’habitacle dans l’espace, objet désarticulé, voire un être animé. C’est à Fabrice Guillot que l’on doit cette écriture chorégraphique singulière, influencée par sa pratique de l’escalade à haut-niveau.

 

Danse déambulatoire

Toujours dans le parc Montessuit, la danse sera aussi déambulatoire avec Happy Manif (Les Pieds parallèles) de David Rolland, qui vous glissera un casque sur les oreilles pour vous faire avancer joyeusement et en musique (et les pieds parallèles), moyennant quelques consignes à suivre. Guidé par des danseurs, le spectateur embarquera pour un voyage à travers l’histoire de la danse, du ballet romantique aux improvisations contemporaines en passant par les performances des pionniers de la danse postmoderne. Une Happy Manif dédiée aux chorégraphes convoquant la nature comme source d’inspiration, depuis la fin du XIXème siècle.

 

 

Monsieur Watt, l’histoire d’une ampoule

Ils arriveront du Festival international de marionnette de Tadler au Luxembourg avec deux spectacles, et poursuivront ensuite leur tournée mondiale. La Cie Les Fourmis de la Lanterne présente son Grand CinéMarionnettoGraphe dans la plus petite salle de cinéma ambulante au monde, une caravane pouvant accueillir une vingtaine de personnes. Clic propose une plongée nostalgique dans l’univers noir et blanc de Georges Méliès, Buster Keaton ou Charlie Chaplin. A l’heure de la 3D, cette petite forme intimiste en hommage aux grands noms du muet est plus qu’une échappée poétique et burlesque. C’est aussi un joli pied de nez au progrès, proposé par Pierre-Yves Guinais.

Ce dernier présentera une autre forme courte et marionnettique dans le cadre de Friction(S): Monsieur Watt, ou la vie d’une ampoule. Son auteur raconte qu’il a eu un jour l’envie d’aller plus loin dans l’utilisation des ampoules dont il se servait pour réaliser des créations lumière dans des domaines comme le cirque, le théâtre, la danse ou la musique. A plusieurs reprises, il avait été amené à construire des boîtes à lumières, des abat-jour… C’est comme cela que lui est venue l’idée de créer une marionnette à partir d’une ampoule. Ainsi est né Monsieur Watt, l'ampoule de la lampe de chevet de notre grand-père. Après sa journée de travail, il sort de son abat-jour et s’adonne à ses occupations favorites, en premier lieu écouter des matchs de foot sur son radio-réveil… De quoi émerveiller les petits (dès 5 ans).

 

Cécile Dalla Torre

 

Friction(S), du 26 au 28 mai, en ville d’Annemasse.

Programme complet et renseignements au +33 (0)4.50.43.24.24 ou sur le site de Château Rouge www.chateau-rouge.net

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