Cet automne à l’Alhambra

«Depuis deux ans, j’essaie de forger une image forte de l’Alhambra comme le lieu des musiques actuelles de la Ville de Genève. À présent, j’essaie aussi d’agrandir le spectre de la salle dans le Grand Genève.»

 

Genève, Alhambra, 13:00. En ce vendredi après-midi, les lieux sont animés. Les gens vont et viennent en s’affairant et Karin Strescher se meut entre les étages du magnifique édifice vieux d’un siècle d’un pas soutenu. Tout à l’heure, l’Alhambra recevra la visite de quelques centaines d’enfants. Pour l’instant, la coordinatrice nous accueille dans le repaire genevois des musiques actuelles pour nous parler de la programmation de cette fin d’année.

La gestion de la programmation de l’Alhambra est soigneusement orchestrée par Karin Strescher qui s’en occupe depuis la réouverture de la salle en 2015: Lorsque je reçois une proposition, je m’assure tout d’abord que l’évènement entre dans les missions qui m’ont été confiées par l’AdudA (Ndlr: l’Association des utilisateurs de l’Alhambra). La programmation doit porter sur les musiques actuelles, accueillir des ouvertures et clôtures de festivals de films et peut aussi comprendre quelques projets pluridisciplinaires autour de la musique.

Depuis deux ans, j’essaie de forger une image forte de l’Alhambra comme le lieu des musiques actuelles de la Ville de Genève. À présent, j’essaie aussi d’agrandir le spectre de la salle dans le Grand Genève. Elle a été fermée durant trois ans pour travaux, toute une tranche de la population, surtout les jeunes, ne connaît donc pas le lieu. Je vise à le revigorer et lui donner une nouvelle énergie pour que le jeune public s’y intéresse.

 

 

NOVEMBRE, LE MOIS DES FESTIVALS

Les Nuits du Labyrinthe des Ateliers d’ethnomusicologie font honneur au workshop auquel elles doivent leur nom. Ce Labyrinth Musical Workshop a été fondé en Crète par l’éminent maitre de musique Ross Daly. Du 2 au 12 novembre, le festival célèbrera la richesse et la complémentarité des musiques traditionnelles d’Iran, d’Inde ou de Grèce pour n’en citer que quelques-unes. Toujours dans le respect des traditions, mais attaché au renouveau musical, ce festival donnera à voir les nombreux liens et échanges existants entre musiques d’Orient et de la Méditerranée. Ce qui me plait dans ce festival, comme dans tous ceux que l’Alhambra accueille, c’est le dialogue entre différentes musiques qu’il met en avant. Plus il y a de diversité, mieux c'est, se réjouit Karin Strescher. Parmi les nombreux évènements, on mentionnera, samedi 11, Le Grand Orchestre du Labyrinthe, qui verra Ross Daly et une quinzaine de musiciens jouer leurs propres compositions.

L’année 2017 marque la troisième rencontre entre le Couleur Café Festival et l’Alhambra. Fort de ses succès passés, il est accueilli les yeux fermés. Six concerts de musiques africaines et deux spectacles de danse afro-contemporaine auront lieu du 16 au 19. Musique sénégalaise et envolées lyriques avec la chanteuse Marema; musique malienne sur fonds de combat pour les droits des femmes avec le supergroupe Les Amazones d’Afrique ou rencontre poétique entre l’Iran et le Sénégal avec Ablaye Cissoko & Constantinople, le festival ne manquera pas de découvertes. Autre collaboration sur la durée pour le Festival les Créatives qui présentera deux concerts à l’Alhambra le 22 novembre. Julia Holter, une artiste en devenir avec ses beaux textes et sa musique pop et la percussionniste contemporaine Midori Takada, qui est une expérience à découvrir.

 

 

Présence nouvelle à l’Alhambra fin novembre avec le Festival Fureur de Lire. Les lectures musicales permettent de jeter des ponts avec d’autres associations, d’autres mondes, comme avec ce festival. Dans L’Or d’Eros (23 novembre), Arthur H a choisi des textes à caractère sensuel et érotique pour une lecture musicale sur des rythmes charnels joués par Nicolas Repac.

Du 24 au 26, le Festival international de Flamenco Al-Andalus régalera les amateurs. Musique classique et flamenca avec la Cie Antonio et Sylvia Perujo, mouvement perpétuel dans la création Nómada de la Cie Manuel Liñan et concert flamenco-pop de Lucas Carmona et Cheto Muñoz. Enfin en clôture, flamenco gitan de Juana Amaya invitée par la Cie Ivan Vargas. Accompagnant le Festival, une exposition présentant le Pape de la photo de flamenco, Jean-Louis Duzert aura lieu ici-même à l’Alhambra, époustouflant!

Deuxième lecture musicale du programme le 28 novembre, interprétée par l’écrivaine Delphine de Vigan et la chanteuse la Grande Sophie. L’association La Main Tendue organise une soirée de soutien à l’Alhambra pour la deuxième fois. Le spectacle "L’une et l’autre" qui sera présenté est très touchant et aborde des textes sur la solitude et les états d’âme, c’est très personnel.

 

UN MOIS DE DÉCEMBRE TOUT AUSSI RICHE

Fidèle à son origine cinématographique – l’Alhambra a été une salle de projection et conserve encore ses deux projecteurs 35 mm en plus d’un beamer –, le lieu accueillera le 1er décembre le lancement de la première série africaine de Suisse romande, Une affaire de minijupe. L’idée était de collaborer sur deux aspects: en projetant les deux premiers épisodes de la série et en accueillant une performance live du groupe qui a réalisé la bande sonore. L’histoire tourne autour d’une famille qui voit se cristalliser les contradictions d’éducation entre valeurs occidentales et africaines autour d’une minijupe que souhaite porter la jeune Annie à un concert.

Le 8, la soirée Orient Meets Occident sera au bénéfice de Terre des Hommes. C’est le rôle de la Ville de Genève de faciliter ce genre d’approche, l’Alhambra se doit d’être un lieu d’accueil pour des associations qui organisent des évènements musicaux. Il y aura du jazz fusion du Liban avec Ziyad Sahhab et la Cie 7273, une troupe genevoise de danse contemporaine qui se produira sur la musique orientale. Le sens de la démarche est clair. Sur une note comparable, l’Association suisso-tunisienne Le Pont présentera le 9 une soirée intitulée Le Pont en Fête. C’est encore un soutien à une association, leur but est de se faire connaître et de récolter des fonds pour une école en Tunisie tout en se faisant plaisir en invitant des artistes dont Samia Tawil. Un concert mêlant soul/rock électrique et styles orientaux.

Comme chaque année et pour la troisième fois, Voix de fête dévoilera la programmation de l’édition 2018 du Festival le 12 décembre à l’Alhambra. À cette occasion, le chanteur engagé Cali se produira pour un concert rock avec, en première partie, le Suisse LiA.

 

 

Pour clôturer l’année 2017, l’Alhambra accueillera deux concerts les 15 et 16 décembre. Tout d’abord les anglais The Tiger Lillies qui mêlent punk et burlesque des années 1930 avec la tradition du music-hall. C’est un grand plaisir de les recevoir avec leur cabaret rock complètement fou. Cela entre dans les cordes de l’Alhambra qui commence à être reconnu également comme une salle pour les tournées. Il en est de même pour Les fatals Picards, ce groupe de punk rock très drôle.

 

Texte et propos recueillis par Jessica Mondego

 

Retrouvez le programme de l’Alhambra en détail sur leprogramme.ch ou sur le site www.alhambra-geneve.ch

Théâtre Am Stram Gram - Sweet DreamzThéâtre du Loup - My Cha Cha Garden