Publié le 23/03/2018 à 12:34

Alchimie afro-cubaine à Plan-les-Ouates

Quand le piano mystique du Cubain Omar Sosa rencontre la kora inspirée du Sénégalais Seckou Keita

 

De retour de leur tournée étasunienne, le Cubain Omar Sosa et le Sénégalais Seckou Keita déploieront leur prodigieuse conversation musicale improvisée le mercredi 28 mars à l’Espace Vélodrome de Plan-les-Ouates.

Avec leur album Transparent water, sorti en février 2017 sous le label World Village, les deux virtuoses ont choisi de rendre hommage à l'eau, élément des plus précieux dans la nature, mais aussi dans toutes les cérémonies traditionnelles, religieuses et spirituelles autour du monde, comme dans celles de la santeria, la religion afro-cubaine dérivée de la religion yoruba, dont le leader incontesté d’un jazz cubain aime s’inspirer. Pour Omar Sosa, cette image de la transparence de l'eau symbolise aussi la clarté de l'âme de chaque personne, à l’image de ceux qui ont créé cet album empreint de lumière, d’amour et de joie de vivre.

 

Entre le pianiste, compositeur et directeur d’orchestre cubain Omar Sosa, aux arrangements enchanteurs mêlant jazz, musiques urbaines et rythmes afro-caribéens, et le sénégalais Seckou Keita, un des plus grands joueurs de kora actuels, c’est le coup de foudre. Leur rencontre se fait à Londres en 2012 lors d’un concert du batteur Marque Gilmore au CLF Art Café qui leur donne l’occasion de jouer ensemble alors qu’ils ne se connaissent pas. L’alchimie est instantanée.

 

UN HYMNE À LA MUSIQUE DU MONDE

Particulièrement touché par cette rencontre, Omar Sosa propose à Seckou Keita de travailler avec lui sur son prochain projet d’enregistrement. Compte tenu des agendas chargés des deux artistes, la mise en place du projet prend une année, quand en juillet 2013 débute l’enregistrement des principaux titres de Transparent Water au Studio Fattoria Musica à Osnabrück en Allemagne. Car cet album va s’enrichir d’une autre rencontre fortuite, celle de la Galicienne Cristina Pato, pianiste, compositrice et joueuse de cornemuse, qui invite Omar en avril 2013 à Saint-Jacques de Compostelle, lors de la résidence d’artistes qu’elle organise chaque année avec des proches de l’ensemble Silk Road de Yo-Yo Ma. Omar rencontre alors Wu Tong, le membre fondateur de ce groupe et maître du sheng (flûte traditionnelle chinoise), qu’il s’empresse d’intégrer au projet. Lors d’un concert à Shanghai en juillet 2014, Omar organise un détour par Pékin pour enregistrer les parties de flûte de Wu Tong.

Il ajoute encore à la distribution la joueuse de koto (instrument de musique à cordes pincées japonais), Mieko Miyazaki, originaire de Tokyo. Aujourd’hui installée à Paris, Omar l’avait remarquée à travers son enregistrement avec le guitariste de jazz français Nguyên Lê et du contrebassiste Michel Benita. Et pour la percussion enfin, Omar s’est tourné vers son collaborateur de longue date Gustavo Ovalles, qui partage son temps entre la France et le Venezuela dont il est originaire. Ovalles, déjà présent sur trois projets antérieurs d’Omar (Sentir, Ayaguna et Eggūn), apporte à cet album l’âme polyrythmique de la diaspora africaine, cette population née de la déportation d'Africains à l'époque de la traite esclavagiste du 15ème au 19ème siècle à travers le monde.

C’est le batteur et producteur britannique Steve Argüelles, avec qui Omar Sosa a déjà travaillé pour les albums Mulatos et Afreecanos, tous deux largement récompensés, qui s’est chargé de mixer l’album à Paris après les derniers enregistrements réalisés en 2014.

 

 

PARTAGER POUR TRANSCENDER

Toujours en quête de nouvelles collaborations artistiques aux orientations musicales novatrices, Omar Sosa démontre encore une fois à travers Transparent Water que l’improvisation est une liberté partagée, où chacun n’a d’égal que l’autre dans la joie du moment présent vécu ensemble, tant entre musiciens qu’aux yeux du public. La musique du monde dont le nom est souvent galvaudé, prend tout son sens avec ces deux artistes dont l’art s’inscrit comme une véritable philosophie de vie: une musique de laquelle se dégage une sérénité apaisante offrant une respiration dans un monde contemporain parfois bien morose. En traversant les cinq continents, les treize morceaux de l’album se révèlent méditatifs, explorant l’esprit collectif de la condition humaine.

 

Propos recueillis par Alexandra Budde

 

Omar Sosa et Seckou Keita seront en concert le mercredi 28 mars à l’Espace Vélodrome de Plan-les-Ouates.

Renseignements et réservations sur le site www.plan-les-ouates.ch

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