Publié le 19/06/2019 à 10:09

90 ans de merveilleux et de délicatesse

«Pour cette saison du 90e, j’ai voulu interroger la notion d’héritage, de mémoire et de transmission. Le rapport entre l’individu et la mémoire, entre l’individuel et la grande histoire est souvent présent dans les spectacles»

La saison 2019/2020 du Théâtre des Marionnettes de Genève (TMG) sera marquée par le 90e anniversaire de l’institution. Celui-ci sera célébré de multiples manières. Par un mini-festival de spectacles, de visites guidées et d’ateliers, qui lancera la saison les 5 et 6 octobre. Par la création de vitrines (expositions!), au fil des mois, dans toute la ville. Le programme lui-même, riche de 14 spectacles (dont un cabaret) est une célébration de la marionnette. De nombreuses formes, parfois anciennes, permettront à tous de redécouvrir la richesse d’un mode d’expression très ancien, qui parle aux hommes depuis bien plus longtemps que 90 ans.

Mais le TMG en 2019/2020, ce seront toujours des spectacles qui véhiculent le rire, le merveilleux et l’émotion pour les petits (un peu, beaucoup…) et les grands (idem). Petite présentation en compagnie de la directrice Isabelle Matter.

 

Le Théâtre des Marionnettes de Genève (TMG) fête ses 90 ans. Cet anniversaire donnera lieu à de multiples événements spéciaux, qui permettront de redécouvrir une riche histoire, qui avait débuté en 1929 avec la Compagnie Les Petits Tréteaux de Marcelle Moynier.

 

Mini-festival

Un mini-festival proposera ateliers et visites guidées, les 5 et 6 octobre. Lors de la présentation de la saison 2019/2020, la directrice Isabelle Matter a présenté ce programme événementiel de manière parfois imagée: «Nous avons lâché Philippe Macasdar dans notre grenier, pour qu’il fouille à sa manière, qu’il fasse les liens, les connections dont il est capable, et qu’il porte sur cette histoire un regard particulier.» Son compte-rendu, attendu riche en petites et en grandes histoires est très attendu.

Une collaboration avec des étudiants de la HEAD doit donner lieu à un autre éclairage sur cet héritage. Et tout au long de la saison des vitrines consacrées au TMG seront présentées dans toute la ville. Un petit film est même promis pour cet automne. Mais sans attendre, une visite dans la rubrique «90 ans» du site www.marionnettes.ch est fortement recommandée.

 

Interroger la mémoire

L’anniversaire sera aussi très présent dans les spectacles eux-mêmes. «Pour cette saison, j’ai voulu interroger la notion d’héritage, de mémoire et de transmission», a expliqué la directrice. «D’une part, le rapport entre l’individu et la mémoire, entre l’individuel et la grande histoire est souvent présent dans les histoires. Des notions comme la transmission sont aussi importantes dans le processus de création des spectacles. Au cours de la saison, nous avons des artistes qui sont des «anciens», porteurs d’un savoir-faire et de connaissances particulières liées à la marionnettes. Et d’autres que nous invitons à expérimenter ces champs d’expression, à s’en emparer.»

Cette année sera aussi l’occasion de mettre l’accent sur les formes traditionnelles. Dès le 5 octobre, les premiers spectacles, La mort de Don Cristobal (dès 6 ans) et Les funestes épousailles de Don Cristobal (dès 12 ans), par la Cie Pelele, permettront de faire la connaissance avec un personnage patrimonial, un polichinelle ibérique, mais un polichinelle qui serait le méchant – et aussi vieux, cruel, avare…

Dans le même temps, le TMG propose un spectacle en théâtre d’objet intimiste pour 5 spectateurs (!!!) Choses que l’on oublie facilement (dès 14 ans), de Xavier Bobès, où il sera justement question de souvenir.

 

 

Théâtre d’ombre indonésien

Les formes traditionnelles seront aussi servies par Un Mahâbhârata en théâtre d’ombre indonésien (dès 8 ans, pour ados et adultes, du 20 au 24 novembre) accueilli en partenariat avec le Théâtre du Loup. Au fil des semaines, un très grand nombre de techniques sont au programme. Il y aura des marionnettes à fil, à gaine, du théâtre d’objet, avec des objets, du théâtre d’ombre, et on en oublie certainement. «Les marionnettes représentent un art populaire très ancien. Les amener à évoquer le monde d’aujourd’hui, à l’éclairer avec les mêmes moyens, les mêmes formes qu’autrefois, est un pari que maintiennent certains artistes,» ponctue la directrice.

 

Les petits et les grands

Particularité inhérente aux marionnettes, il y aura des spectacles pour les tout petits (et leurs parents), pour les différentes catégories de «moyens», mais aussi pour les adolescents et les adultes. Proposer des spectacles qui peuvent toucher les grands qui accompagnent leurs enfants au spectacle tient au coeur d’Isabelle Matter. Les trois propositions du début de saison, dès 6, 12 et 14 ans ne disent rien d’autre. Ajoutons que les tout petits, dès 2 ans, ne seront pas oubliés, par exemple avec Nom d'une pipe! En êtes-vous sciure? De la Compagnie Les Philosophes Barbares (du 28 janvier au 9 février).

La saison se déclinera en 14 spectacles (cabaret de clôture compris). «Nous allons avoir 284 représentations, c’est bien davantage que lors de la saison écoulée. Cela s’explique par les jauges qui peuvent varier énormément d’un spectacle à l’autre. Choses que l’on oublie facilement qui ne pourra accueillir qu’une poignée de spectateurs à la fois, donnera lieu à de nombreuses représentations. C’est une des particularités des marionnettes. En fonction de paramètres tels que la taille des objets ou la scénographie, le nombre de spectateurs peut varier considérablement.»

 

Créations et reprises

Les spectacles auront aussi des origines très variables. Aouuuu!, (dès 4 ans, du 30 octobre au 17 novembre), l’histoire d’un lapin qui se déguise en loup pour avoir moins peur concrétise une collaboration entre quatre structures de Genève et Zurich. (n.d.l.r.: Attention, le statut du loup en Suisse étant ce qu’il est, nous déconseillons aux vrais lapins de suivre cet exemple.)

Tu comprendras quand tu seras grand est une création du TMG signée Steven Matthews (dès 5 ans, dès le 4 décembre). Ce spectacle en théâtre d’ombre (aussi en couleurs et en musique) raconte les difficultés d’intégration scolaire d’un jeune circassien. On mentionne enfin une autre catégorie de spectacles, celle des tubes que l’on reprend. Il en va ainsi de Les petits cochons 3, le retour (dès 4 ans, dès le 19 février), créé l’année dernière au TMG. Donc ils reviennent, toujours aussi explosifs, toujours avec José, Bueno et Mini-Pic, toujours avec Claude-Inga Barbey.

Le TMG en 2019/2020, ce sont des spectacles, des ateliers, de l’histoire, mais surtout beaucoup d’émotion.

 

Vincent Borcard

 

Découvrez en détail la saison 2019/2020 du Théâtre des Marionnettes de Genève (TMG) sur le site www.marionnettes.ch

Informations, réservations au + 41 (0)22 807 31 07

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