Publié le 21/04/2015 à 11:24

18e Cour des Contes à Plan-les-Ouates

 

« Nous voulons que le festival reste un lieu de rencontres »

 

Cette année, il a 18 ans, âge de toutes les promesses et de toutes les folies… Le Festival La Cour des Contes, à Plan-les-Ouates, promet de conserver son grain de folie. Des contes sur et pour les femmes, des récits comme La véritable histoire du haricot magique, des thèmes comme celui de la vie sexuelle d’une huître perlière (création érotico-délirante réservée aux grandes oreilles), ou bien des questions existentielles comme : « Que faire de la jambe du mari que sa femme a coupée ? ». A noter encore : L’Odyssée d’Ulysse, les histoires magiques des Tsiganes, les anecdotes de grands-mères, les péripéties de voyage de compagnons autistes ou les incontournables contes pour tout-petits… Comme chaque année depuis bientôt vingt ans, la variété des formes et des publics sera le mot d’ordre. Dans 16 lieux différents avec comme place centrale La julienne, la commune de Plan-les-Ouates respirera au rythme des histoires, des scansions, des mots et des allitérations, du 1er au 10 mai. Interview avec le programmateur du festival, Pascal Mabut.

 

Quelles sont les nouveautés au Festival La Cour des Contes ?

Cette année, nous avons quatre nouveaux partenaires : le Boléro (nouveau Centre culturel de Versoix), le Musée de l’Ariana (où Néfissa Bénouniche racontera des histoires afin de découvrir les représentations de la terre dans les légendes), La Gavotte (qui se trouve entre Lancy et Plan-les-Ouates) et le Musée d’Ethnographie de Genève (avec le conteur sud-américain Nicolás Buenaventura Vidal pour conclure l’exposition actuelle du musée). Et sinon, pour cette 18e édition, nous accueillons une trentaine de spectacles pour les personnes de 2 à 99 ans. La Cour des Contes reste le festival des arts du récit, de la littérature orale… Pour les enfants et les adultes.

 

Quatre nouveaux lieux cette année, seize au total. Où vous arrêterez vous ?

Au début, nous étions uniquement à Arare, une des localités de Plan-les-Ouates. Et depuis 2009, nous avons investi La julienne comme lieu central du festival. Nous souhaitons développer les lieux à l’intérieur et à l’extérieur de la commune. Nous avons profité du nouveau Centre culturel de Versoix, qui vient d’ouvrir, mais je crois que nous sommes arrivés à un agrandissement optimum du festival. Désormais, je ne pense pas que nous nous étendrons beaucoup plus loin. Nous voulons rester un lieu de rencontre et la julienne est parfaite pour cela.

 

Quels sont les points forts de la programmation 2015 ?

Le jeudi 7 mai sera une soirée spéciale tournée vers le handicap mental. A travers deux projets, le public découvrira des récits autour de cette thématique. Tout d’abord, Frédéric Naud proposera son Road movie du Taureau bleu, à La julienne. Puis, Marc Buléon, grand connaisseur de l’autisme, présentera A portée de voix, toujours à La julienne. Il s’agit de la deuxième partie d’un triptyque sur l’autisme, dont il avait présenté le premier volet l’année dernière. Ces contes montrent un autre regard sur le handicap mental qui n’est pas ce que l’on croit. Nous avons beaucoup de peurs autour de ça, autour de la différence… Cela dit, ce ne sera pas une soirée lourde, même si le fond est sérieux. Le 8 mai, nous présenterons Les Nouvelles de Suisse, dans la continuité d’un CD réalisé l’année dernière avec plusieurs conteurs suisses. Cette soirée sera un mélange de contes, de musique, de chant, avec notamment la yodleuse Héloïse Heïdi Fracheboud qui a une approche contemporaine de cette forme de chant. A noter également : Le Cabaret des fous, qui réunit quatre conteurs ne se connaissant pas et qui sont libres de créer un projet ensemble. Cette soirée a lieu au Chat Noir, et promet comme les autres années d’être assez folle ! Entre autres choses, il y aura aussi des contes coquins, avec Colette Migné, qui dira Petit arrangement sur l’édredon, à Versoix, lors de la Nuit du conte…

 

 

Vous proposez en outre des contes pour et sur les femmes. Pourquoi ?

Nicolás Buenaventura Vidal souhaitait faire un hommage aux femmes. Je pense que c’est toujours bien dans nos sociétés si masculines… On devrait rendre hommage aux femmes tous les jours !

 

D’où viennent les conteurs en général ?

Les conteurs viennent d’un peu partout, France, Suisse, Belgique. Ils sont tous francophones…

 

Par rapport aux autres années, combien de spectateurs attendez-vous ?

Nous accueillons quelque 4 500 personnes sur dix jours. Nous restons un petit festival, car le conte nécessite la plupart du temps un cadre intimiste.

 

La Cour des Contes est bien soutenue par la commune…

La Cour des Contes est un point fort de la politique culturelle de la commune. Et tant mieux si de nouveaux lieux comme Le Boléro souhaitent participer au projet, pour faire connaître le conte, qui n’est pas seulement l’idée que l’on s’en fait. La littérature orale est une vraie littérature, avec des projets d’écriture, mais aussi scéniques. C’est une discipline en perpétuel mouvement, même si c’est moins reconnue que d’autres formes d’art. Derrière le conte, il y a l’identité d’un pays. C’est populaire. Nous souhaitons le remettre à la place où il a toujours été…

 

Propos recueillis par Cécile Gavlak

 

Festival La Cour des Contes, du 1er au 10 mai 2015 à Plan-les-Ouates et dans différents lieux proches de la commune. Renseignement au 022.884.64.60 ou sur le site www.plan-les-ouates.ch/contes