Publié le 29/06/2020 à 13:47

Vernier: du bonheur et des mélanges

«En proposant des spectacles sans paroles, nous assumons un rôle de socialisation. Et en proposant des spectacles pluri-disciplinaires, nous faisons le paris de donner envie au public de découvrir d’autres champs artistiques»

 

Vernier Culture a dévoilé fin juin son programme culturel. Au programme, près de 40 propositions qui ouvrent sur le théâtre, l’humour, la danse, la musique, les arts circassiens, avec un penchant pour le mélange des genres. Souvent, à Vernier, l’acrobatie n’empêche pas de découvrir la musique classique, et la danse se marie souvent avec l’humour. Une même dynamique tend à mélanger les générations: si il y aura toujours des spectacles pour les petits, il y en aura d’autres, conçus pour les grands qui peuvent séduire les jeunes – et réciproquement.

Myriam Jakir Duran, cheffe du service culture et communication, et programmatrice VernierCulture développre ces axes, qui visent finalement au mêmes buts: rassembler, faire découvrir, et faire en sorte que les publics sortent de la Salle du Ligon avec le sourire.

 

 

 

La saison s’ouvre sur deux collaborations avec La Bâtie. Vous avez aussi des spectacles présentés en commun avec JazzContreBand, Les Créatives, Antigel, Le Grand Théâtre..

L’élément fondateur de ces collaborations est qu’elles permettent de cultiver des réseaux. Elles facilitent les contacts avec des professionnels, les discussions autour des enjeux et des propositions. Aussi les échanges de publics. Nous demeurons autonomes et intégrons des artistes et des spectacles qui peuvent entrer en résonance avec notre programmation… Cela nous permet d’accueillir des créations un peu décalées par rapport à notre ligne, de très grande qualité et réunissant une grande diversité d’artistes sur le plateau – comme c’est le cas avec Aventures et Nouvelles aventures, de Ligeti, en collaboration avec Le Grand Théâtre et l’Ensemble Contrechamps (n.d.l.r.: du 11 au 13 décembre).

 

 

Pratiquement, comment cela se passe-t-il?

Cela dépend des cas. Nous programmons sur la période du Festival JazzContreband en octobre un concert d’Elina Duni (n.d.l.r.: les 16 et 17 octobre), dans le cadre de Vernier Jazz. Nous allons conserver le format du dîner concert, avec une configuration de cabaret. Ce spectacle fait partie de l’édition 2020 du JazzContreBand avec l’ambition de faire voyager les publics jusqu’au Lignon!
Avec d’autres partenaires, comme Antigel, nous discutons ensemble sur la base de deux ou trois propositions quelle création nous souhaitons porter ensemble. Pour certains, notre participation à la production, notre accueil, sont aussi une forme de soutien, que nous considérons comme faisant partie de notre mission de service public.

 

Comme à chaque saison, vous vous signalez par une large ouverture sur les arts chorégraphiques.

J’y suis personnellement très sensible! Surtout, la Ville de Vernier s’est toujours positionnée comme un acteur engagé à valoriser la danse contemporaine. Elle est d’ailleurs acteur du Passdanse - qui réunit des structures sensibles à présenter et défendre la diversité de la danse actuelle.
Pour cette saison, j’ai vu beaucoup de pièces de grande qualité, originales, qui pouvaient répondre aux attentes d’un large public. Nous avons cette forte volonté de proposer aux familles la plus grande variété de formes artistiques possibles – aux enfants comme aux ados.
Le public est toujours présent à des spectacles comme CAR/MEN, des Chicos Mambo (n.d.l.r.: le 18 septembre), qui mélange la danse, au chant, à des projections. C’est un art scénique engagé, qui véhicule des messages très forts. Nous savons aussi que la réponse à la proposition de la Cie Jean-Claude Gallotta (n.d.l.r.: L’homme à la tête de chou, le 23 avril 2021) sera favorable.

 

 

Vous proposez un large spectre de spectacle pour famille.

Nous avons envie de drainer un maximum de publics différents. Les arts circassiens sont des disciplines qui permettent d’ouvrir au maximum le plateau à toutes et tous, ce sont de très belles passerelles d’accès à la culture. Il rendent possible l’émergence d’une émotion sans avoir besoin de paroles. L’objectif est toujours le même: vivre une expérience qui soit vécue de manière positive. En proposant des spectacles sans paroles, nous assumons un rôle de socialisation. Et en proposant des spectacles pluri-disciplinaires, nous faisons le paris de donner envie au public de découvrir d’autres champs artistiques …et peut-être d’y prendre goût.

 

Et vos spectacles pour famille ne sont pas forcément conçus pour les enfants.

Il y aura toujours des spectacles pour les petits. Mais, oui, aussi des spectacles qui n’ont pas été développés pour les enfants, mais qui leurs sont accessibles. Je pense par exemple à 3D (n.d.l.r.: le 12 novembre), une performance acrobatique atypique découverte à Avignon. Les artistes viennent avec leurs propres gradins, qui les rapprochent et favorisent la complicité avec le public. Pour tous les âges, mais accessible dès 5 ans.

 

Vous organisez beaucoup de représentations scolaires et de moments d’échanges avec le public. Comment appréhendez-vous l’accompagnement au spectacle?

Nous collaborons par exemple avec l’association HorsPortée sur des rencontres avec les artistes avant les concerts classiques. De manière générale, nous souhaitons pouvoir accompagner les publics, organiser des moments conviviaux autour des spectacles. C’est une offre que nous souhaitons développer, notamment pour les spectacles jeune public. Nous avons aussi étendu les représentations scolaires – nous sommes attentifs à proposer de la diversité, il y aura donc aussi bien de la performance, que de la la musique classique. Il y a une forte demande de la part des écoles, ce dont nous nous réjouissons.

 

 

Les coups de coeur de la responsable de la programmation?

C’est toujours très difficiles, je pourrais parler de tous les spectacles!

 

Musique classique?

Nous travaillons depuis des années avec Hadrien Jourdan (le 31 janvier 2021) pour le baroque et Fabrizio Chiovetta (le 23 février 2021) pour le classique, nous sommes très heureux de les accueillir de nouveau. Je mentionne aussi [XSAISONS], le 13 avril 2021, une performance incroyable esthétique d’une jeune artiste circassienne, Audrey Decaillon, à partir des Quatre Saisons de Vivaldi. Pour famille!

 

Théâtre?

Il sera, cette saison, toujours contemporain. Je cite Les secrets d’un gainage efficace, par Les filles de Simone, (les 19 et 20 novembre) dans le cadre des Créatives. C’est un spectacle engagé, ludique et porteur de messages très forts, portés par des femmes. C’est surtout très drôle.

 

 

Musique?

Cette saison fait la part belle à la musique du monde actuelle. Au programme: Rocío Márquez (flameco, 30 octobre), Julie Campiche Quartet (jazz contemporain, 19 mars 2021), Flavia Coelho (brésil, reggae, ragga, 23 mars 2021) ou encore Agathe Iracema (jazz, 9 avril 2021) que nous avons eu la chance de pouvoir reprogrammer sur la saison 20-21.

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Humour?

La découverte de Virginie Fortin (le 26 novembre), une québecoise qui viendra nous parler de développement durable sous un angle très original.

 

Danse?

Comme nous ne pouvons pas laisser notre scène très longtemps aux compagnies qui voudraient créer un spectacle, nous sommes essentiellement un théâtre de diffusion. Mais cette saison, nous allons pouvoir faire une exception avec le franco-genevois Edouard Hue, qui va pouvoir travailler les éclairages de son prochain spectacle pendant la trève hivernale. Et Yumé sera présenté en création (n.d.l.r.: mondiale) les 16 et 17 janvier 2021 à Vernier!

 

Propos recueillis par Vincent Borcard


Vernier Culture – Saison 2020-2021
Télécharger le programme

Billetterie dès le 7 juillet 2020

 

 

 

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