Publié le 11/09/2019 à 22:04

Sur les traces de la Dame Blanche

Du 17 au 21 septembre, L’OCG et le DIP invitent à redécouvrir une légende genevoise, le mystère du fantôme du Château de Rouelbeau, avec un spectacle qui réunira 80 personnes sur scène, sur le site restauré, à Meinier

 

L’Orchestre de Chambre de Genève (L’OCG) et le Département de l’Instruction Publique, de la Formation et de la Jeunesse (DIP) mettent le cap sous la lune! Du 17 au 21 septembre, ils invitent à répondre à la question Qui a peur de la Dame Blanche? sur le site historique (des ruines) du Château de Rouelbeau, à Meinier, spécialement aménagé pour les accueillir. Ce beau projet est à la fois une histoire de fantôme genevois, un conte, un ambitieux exercice pédagogique et un spectacle en pleine nature qui réunira quelque 80 personnes sur scène – professionnels et amateurs, musicien-ne-s, chanteuses, chanteurs, comédien-ne-s.

Tout débute par la légende d’une femme répudiée par son mari il y a 700 ans, dont le spectre veillerait sur le site et anéantirait les aventuriers et les curieux qui auraient des vues sur le trésor caché. Il était une fois...

 

Mystérieuse, violente et malheureuse, cette dame blanche est un fantôme genevois, un classique. Le compositeur du spectacle, Christophe Sturzenegger, se souvient d’un recueil de contes qui l’incluait. Le secrétaire général de l’OCG, Andrew Ferguson, avance pratiquement en expert. Il évoque des souvenirs de lecture, et d’une édition dont les illustrations horrifiques avaient fait débat dans la presse. Il se souvient aussi de son adolescence aventureuse. «Partant de chez une amie qui habitait dans le secteur, il nous arrivait d’aller jouer à nous faire peur, la nuit, sur le site du Château de Rouelbeau!»

 

Cette légende s’était imposée, au printemps 2017, à un petit groupe qui cherchait une idée à même de porter un projet musical le plus participatif possible. L’objectif était d’associer des musiciens de L’OCG, des musicien-nes, chanteuses, chanteurs des classes du Cycle, et des comédien-nes professionnels.

 

Un orchestre mixte

L’écriture du livret est confiée à Guillaume Rihs, celle de la musique à Christophe Sturzenegger, et le metteur en scène Robert Nortik est chargé de trouver des idées de scénographies et d’animation vidéo, qui contribuent aujourd’hui à la dimension «grand spectacle» de l’événement. Christophe Sturzenegger: «Nous avons un peu travaillé à quatre mains Guillaume Rihs et moi. Cela a été une construction commune».

 

Pour le compositeur, la particularité du projet générait des contraintes. L’OCG m’a demandé de n’écrire que pour des instruments à vent. Donc pas de violons, mais des cors, des bois et des trompettes... Du côté du Cycle, l’instrumentarium était aussi particulier. On me transmettait par exemple qu’il y avait désormais une trompette, mais plus de flûte! L’autre contrainte était le niveau, variable, des élèves du cycle. Il fallait en tenir compte, et proposer des parties abordables.»

 

Une aventure et un puzzle

L’aventure est tout aussi intéressante pour Arsène Liechti, directeur musical du projet. «Il y a des parties pour l’ensemble, d’autres seulement pour L’OCG ou seulement pour l’OCO-motion, l’orchestre du Cycle. Dans les semaines qui précèdent la première, mon travail consiste à ce que les pièces du puzzle se mettent parfaitement en place lorsque nous répéterons tous ensemble sur place. Je suis donc le travail de la mise en scène, afin qu’il n’y ait pas de surprise.»

 

Présenté en conférence de presse, des extraits ont convaincu des qualités artistiques de la production. Les attentes de la représentation d’un conte fantastique en pleine nature sont élevées. Mais la puissance d’un ensemble de 80 musicien-nes, chanteurs de chanteuses, et les ressorts du grand spectacle qui sera proposé sont à même de magnifier toute l’émotion du conte.

 

 

Du Cycle à Rouelbeau

Dans un premier temps, les représentations n’étaient prévues que dans le cadre scolaire. Depuis 2018, le spectacle a d’ailleurs été donné une vingtaine de fois dans les collèges. Mais Meinier, c’est loin et c’est proche. Et l’idée d’aller se produire in situ s’était très vite imposée aux initiants, qui ont constitué une association Qui a peur de la Dame Blanche? pour mener le spectacle là où tout avait commencé, en 1318!

 

Cette expérience inédite, et les incertitudes qui l’accompagnent, sont encore magnifiées par la nature de ce décor naturel et historique. On le rappelle, le dispositif scénique est installé au milieu des ruines récemment restaurées d’un château du XIVe siècle, lui même situé dans un corridor biologique. Il y a donc des oiseaux, des pierres, mais pas d’électricité.

Le montage d’une scène et d’un spectacle aussi important a mobilisé de nombreux services cantonaux, ainsi que la mairie de Meinier. Lors de la présentation du spectacle, certains, plaisantant à moitié, évoquaient les difficultés de monter un spectacle dans le désert ou au milieu de la jungle! Pour les spectateurs – environ 250 personnes par représentation, cela devrait être plus simple, un service de navettes est prévu entre le parking - 153, route de Thonon - et le site!

 

 

Il y aura cinq représentations publiques, du 17 au 21 septembre, reste à savoir à laquelle la Dame Blanche, la vraie, participera. Toutes?

 

Vincent Borcard

 

Qui a peur de la Dame blanche?, du 17 au 21 septembre 2019 à 21h.

Informations, réservations:
+41 (0)58 568 29 00
www.migroslabilletterie.ch

 

Avec L’Orchestre de Chambre de Genève (L’OCG) et les chœurs & l'orchestre du CO L'OCO-Motion

Arsène Liechti, direction – Christophe Sturzenegger, composition – Guillaume Rihs, livrets, récits et chansons – Robert Nortik, mise en scène, lumières et vidéo-mapping

Laurent Sandoz, récitant – Sacha Cotting, la dame blanche – Thibaud Pedraja, Jean Bahut

Concert du dimanche - ZHdKGrütli - oct