Danse

Ola Maciejewska | Bombyx Mori

| Danse | Contemporaine

Interprétation: Amaranta Velarde Gonzalez, Maciej Sado, Keyna Nara

Ola Maciejewska propose Bombyx Mori, des chorégraphies poétiques à découvrir du 2 au 4 octobre 2019 à l’ADC, Genève.

Bombyx Mori emprunte son titre au nom latin du ver de mûrier, qui produit la soie au cours de sa transformation. Un clin d’œil à la robe en soie blanche de la Serpentine Dance qui a inspiré Ola Maciejewska pour sa pièce, ainsi qu’aux trois étapes de sa gestation: un travail de mémoire sur le mouvement généré par les objets dans l’histoire de la danse en 2011, suivi de la performance Loïe FULLER: RESEARCH, que la danseuse interprète seule dans des espaces d’art, des musées et en plein air.

En 2015, elle réalise son prolongement scénique pour trois danseurs, Bombyx Mori. Parmi toutes les figures qui ont marqué l’évolution de la danse, Ola Maciejewska distingue l’Américaine Loïe Fuller qui propose, dit-elle, «de considérer la danse comme un événement au sein duquel l’interaction entre les différents éléments performatifs (tels que la lumière, les sons, le tissu, les matières premières…) contribuent au processus de production de mouvement: le corps n’est plus l’unique source dont le mouvement est originaire.»

La Serpentine Dance a marqué ce tournant: lorsqu’en 1892, celle qui devint la pionnière de la danse moderne se produisit au Park Theater Brooklyn de New York, elle invitait pour partenaire une spectaculaire robe de soie blanche qu’elle articulait avec deux baguettes dans une danse des bras inédite. Une succession d’images qui faisait écho aux expériences naissantes de l’image en mouvement. Reprises et imitations se sont multipliées depuis, sur scène comme au cinéma.

Avec Bombyx Mori, Ola Maciejewska en propose une évolution. Deux danseuses l’accompagnent sur scène, portant les volumes et volutes de leurs robes noires comme des sculptures. Sur une partition écrite pour corps et étoffe, ils découpent des images dans l’espace. Est-ce le danseur qui porte le tissu ou l’inverse? D’où proviennent les mouvements? Les possibilités de figures semblent infinies et se déploient au-delà du regard dans un univers sonore étrange et dense. Chaque déplacement, chaque respiration est enregistrée par des capteurs pour amplifier les souffles des interprètes et de leur robe.

Equilibre, poids, effort deviennent sensibles dans un spectacle où les interprètes sont danseurs, sculpteurs et musiciens, marionnettistes et marionnettes. Bombyx Mori est une expérience d’hybridations où disparaît toute limite.


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