Jazz du monde pour Musiques en été

«Nous voulons offrir un éventail assez large de ce qui se fait aujourd'hui, en programmant autant des légendes que des musiciens actuels.»

 

Musiques en été rythme la belle saison des Genevois au travers d'une programmation éclectique et métissée. Classique, jazz, opéra et musiques actuelles se côtoient sur la scène Ella Fitzgerald, dans la Cour de l'Hôtel-de-Ville, au Victoria Hall et à l'Alhambra, depuis le 1er juillet et jusqu'au 18 août.

La Cour de l'Hôtel-de-Ville de Genève nous donne rendez-vous chaque lundi jusqu'au 7 août pour la note bleue du festival. La scène Ella Fitzgerald accueillera quant à elle un nouveau projet de jazz psychédélique le 4 août. Entre l'Amérique, l'Afrique et l'Europe, le jazz renoue avec ses racines ou se dynamise au contact de la nouvelle génération. Les deux programmateurs, Ernie Odoom et Nelson Schaer, ont voulu offrir des moments inédits avec des artistes qui se produisent rarement dans nos régions, afin de faire découvrir la formidable variété et vitalité de la musique jazz. Explications avec Nelson Schaer.

 

 

À voir votre programmation, on a le sentiment qu'il a autant de jazz que de musiciens. Quelles formes avez-vous voulu mettre à l'honneur cette année?

C'est justement cette diversité qui est intéressante et que nous avons voulu faire ressortir. Le jazz s'inscrit dans plusieurs courants, il s'est développé en différentes musiques. Nous voulons offrir un éventail assez large de ce qui se fait aujourd'hui, en programmant autant des légendes que des découvertes. Nous cherchons des artistes créatifs et aux styles variés.

 

Quels artistes viendront pour la première fois à Genève?

Le jeune guitariste Julian Lage, qui a ouvert la saison le 3 juillet venait pour la première fois. Il y a aussi le sud-africain Bokani Dyer. Le batteur Mark Guilana (24 juillet) viendra pour première fois avec son propre groupe, même s'il a déjà beaucoup tourné avec d'autres projets. Il a cette capacité à jouer de manière très précise, chirurgicale. On parle beaucoup de lui aujourd'hui parce qu'il a joué sur le dernier album de David Bowie, mais il était déjà très connu avant.

 

 

Y a-t-il, dans la programmation, des artistes que vous avez récemment découverts?

Oui, parce que nous accueillons des artistes qui sont assez jeunes. Nous accueillons par exemple le trio de Bokani Dyer (31 juillet), un musicien que l'on a découvert il y a deux ans. On a toujours eu envie d'avoir des musiciens sud-africains parce que la scène jazz sud-africaine est vraiment spécifique: le jazz s'y est développé malgré l'Apartheid, et a bien sûr été influencé par les musiques traditionnelles locales. Bokani Dyer s'inscrit dans cette tradition tout en étant moderne, plus en phase avec sa génération. Ce sera une véritable occasion pour les Genevois de découvrir cet artiste et sa musique, joyeuse et entraînante. On sort de ses concerts avec le sourire!

 

Le point d'orgue de la programmation sera le groupe Still Dreaming (7 août), mené par quatre musiciens internationalement reconnus: Joshua Redman, Ron Miles, Scott Coley et Brian Blade.

Ce qui est intéressant dans ce projet, c'est que, même si les musiciens sont souvent venus jouer à Genève, c'est un nouveau groupe. Ils se sont inspirés du groupe Old and New Dreams dans lequel jouait Deway Redman, le père de Joshua Redman. C'est un hommage au père mais dans lequel le groupe trouve sa propre inspiration. Et c'est la première fois qu'on pourra entendre ce projet en Europe.

 

 

Le projet The Comet Is Coming sera le 4 août sur la scène Ella Fitzgerald au cœur du Parc Lagrange, ce qui jure un peu avec l’image d'intimité que l'on confère habituellement au jazz. À quoi le public peut-il s'attendre?

Le saxophoniste Shabaka Hutchings était déjà venu deux ans auparavant avec le projet Sons Of Kemet et nous avions particulièrement apprécié son énergie. Nous avions envie de l'inviter à nouveau avec un projet différent et il se produit ici avec le batteur Betamax et le claviériste Danalogue. Pour nous, The Comet Is Coming est une sorte de melting-pot qui synthétise toute la musique actuelle de Londres. On retrouve des influences électroniques, la musique des clubs londoniens destinée à faire danser, mais avec un saxophoniste à la place d'un chanteur. Il y a donc aussi le rapport au jazz avec l'improvisation, mais dans une forme très moderne et avec une rythmique assez puissante qui se prête bien à un espace plus grand comme la scène Ella Fitzgerald.

 

Propos recueillis par Marie-Sophie Péclard

 

Festival Musiques en été 2017, Genève du 1er juillet au 18 août. Programme complet, renseignements et réservations sur le site du festival www.musiquesenete.ch

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