Bon début de saison pour l’Alhambra

Voyage au cœur de la salle de l’Alhambra à Genève, quatre mois après sa réouverture.

 


Si certains avaient peut-être vu cette magnifique salle art-déco de l’Alhambra consacrée aux musiques classiques, la ville a choisi de la dédier aux musiques actuelles: Les Young Gods l’ont inaugurée en juin et Le beau lac de Bâle s’y produira fin octobre avec le Tango Nuevo Quartet. Petit tour d’horizon quatre mois après la réouverture de cette salle classée monument historique avec Karin Strescher, porte-parole de l’AdUdA, Association des utilisateurs de l’Alhambra, et coordonnatrice de la programmation générale du lieu.

 

Ce concept extravagant largement répandu en France, marque pour Genève sa volonté de proposer une salle de référence pour accueillir associations locales et stars internationales des musiques actuelles, ainsi que soirées privées. «Un décalage flamboyant, délicieusement mis en valeur par l’architecte d’intérieur Carmen Perrin qui s’est inspirée de la ville rouge, Grenade, du doré, de l’argenté et du moucharabieh», souligne Karin Strescher. Les onze associations genevoises de musiques actuelles sont soutenues par la ville dans cette salle bientôt centenaire remise à neuf, tandis que d’autres la découvrent. «Le mime et le théâtre ne sont plus accueillis dans cette salle dévolue désormais aux musiques actuelles et aux ouvertures et clôtures de festivals de film locaux en priorité, mais les spectacles pluridisciplinaires restent les bienvenus», un éventail de possibilités riches et variées que la coordonnatrice apprécie tout particulièrement.

 

Sonorisation et fréquentation en bonne voie

«Lors de son ouverture cet été, pour la fête de la musique, l’Alhambra savait qu’il y avait encore beaucoup de travaux – le matin même on était encore tous en train de régler les derniers soucis, mais l’opportunité d’ouvrir la salle pour cette fête était trop belle». Rappelons que la découverte d’un puits et d’un four du Ier siècle avait largement retardé les plannings. Les conditions d’accueil étaient optimales et les premiers concerts ont permis de déceler les derniers problèmes de sonorisation. «Les réglages acoustiques ne se font pas du jour au lendemain et la technique travaille sur les différents points de la salle. Les ajustements de l’acousticien peuvent encore s’étendre sur une année et c’est tout à fait normal. Ce n’est pas une salle clé en main, mais un monument historique patiemment rénové».

En septembre, si les soirées du Festival de la Bâtie ont été sans surprises sold out, les organisateurs du Festival Animatou d’octobre semblent également ravis de la fréquentation pour cette première du film d’animation à l’Alhambra. L’Ensemble Contrechamps peut également se targuer d’avoir drainé quelques 250 personnes lors de leur dernier concert de musique contemporaine avec des reprises de Frank Zappa. «L’avantage de cette salle est vraiment son côté chaleureux et accueillant, car même si seul le parterre est loué, on s’y sent entouré». L’Alhambra pouvant accueillir 750 personnes, sa jauge oscille jusqu’à aujourd’hui entre 400 et 750 spectateurs les soirs de forte affluence.

 

 

Sur un rythme de croisière

Depuis septembre et ses cinq concerts programmés, les nouvelles demandes se succèdent. «On s’était donné une trentaine de concerts comme but pour 2015 et aujourd’hui on a déjà dépassé ce chiffre. L’année 2016 nous permettra vraiment de comparer les chiffres que nous avons projetés, mais le premier bilan sur ces quatre mois est vraiment positif, tant du côté public que privé».

Si des résidences d’artistes en création ne sont pas envisageables au vu du nombre des associations, des créations y voient tout de même le jour, comme la dernière du Fanfareduloup Orchestra. Entre les mots du récit et les notes d’une mélodie, l’orchestre trouve toujours de quoi tisser un spectacle déconcertant, ici, un Manuel de survie pour une société de dingues, autour des nouvelles de l’écrivain polonais Slawomir Mrozek, avec la récitante Lucie Rausis le 29 octobre. Le 31, c’est le Club des fauteuils roulants de Genève qui a choisi l’Alhambra pour y fêter ses 25 ans et accueillir Le beau lac de Bâle et le Tango Nuevo Quartet. LA légende du folk engagé russe, Andrey Makarevich, qui compte des millions de fans autour du monde, présentera le 2 novembre son opus "Your Five", produit par la compagnie alpa fg Music. Puis ce sera au tour du désormais fidèle rendez-vous des Ateliers d’ethnomusicologie, intitulé cette année Festival Asie Intérieure, qui emmènera le public sur la route de la soie, entre danse et musique. «Les Ateliers d’ethnomusicologie retrouvent eux aussi leur salle, et cette année les associations vont rendre le lieu encore plus chaleureux avec une décoration thématique pour cette occasion», conclut Karin Strescher le sourire aux lèvres.

 

Propos recueillis par Alexandra Budde

 

Les prochains rendez-vous à l'Alhambra
- FanfareduLoup Orchestra le 29 octobre
- Le beau lac de Bâle le 31 octobre
- Festival Asie intérieure du 5 au 14 novembre

Plus de renseignements sur le site www.alhambra-geneve.ch

 

Théâtre de l’Orangerie - Nouvelles Mortuaires