25 ans de jazz à Hermance

«J'aime lancer des cartes blanches aux musiciens, qu'ils puissent présenter des choses différentes que ce qu'on voit habituellement, et finalement donner l'opportunité à une histoire d'éclore.»

 

De la colle, du papier mâché, du bric-à-brac et des artistes locaux: comme l'affiche qui illustre son quart de siècle, Jazz sur la Plage est un festival à taille humaine, qui respire grâce à l'enthousiasme d'une équipe dévouée et à la fidélité des relations artistiques. Une ambiance familiale et fait maison qui n'enlève rien de la richesse de la programmation oscillant entre artistes d'ici et d'ailleurs.

Créé en 1992, Jazz sur la Plage prend une nouvelle envergure en 2005, après l'engagement de Pierre-Edmond Gilliand, alors gérant du Chat Noir qu'il a fondé vingt ans plus tôt. Ce passionné de musique et amoureux de sa commune hermançoise célèbre avec son équipe l'anniversaire de Jazz sur la Plage les 18 et 19 août et nous raconte cette histoire, ces "25 ans que le jazz nous colle à la peau".

 

 

Le festival célèbre ses vingt-cinq ans. Quelles en ont été les évolutions?

Il est né en 1992, à l'occasion des 700 ans de la Confédération. Pendant longtemps, c'était une manifestation locale. Habitant Hermance, j'ai repris le projet en 2005 en mettant en place un comité à l'année. J'ai voulu réhabiliter la plage où nous avons installé une scène. L'événement s'est gonflé d'édition en édition. En 2013, nous avons fondé une association Jazz sur la Plage, qui n'a pas changé notre mode fonctionnement mais qui a cristallisé une identité à laquelle organisateurs, musiciens et bénévoles peuvent s'identifier. Ce festival, je le fais pour mon village et pour le jazz, que j'aime autant l'un que l'autre.

 

Quelles seront les surprises de cette édition anniversaire?

Le cadeau des 25 ans, c'est un festival qui se déroule sur deux soirées. L'année dernière, nous avions testé une pré-soirée qui avait bien marché. Nous avons donc décidé, plutôt que d'offrir un feu d'artifice, d'engager plus de musiciens et d'augmenter la durée du festival. Nous aurons ainsi quatre scènes avec une quinzaine des concerts. Pour la programmation, on est resté sur la même énergie, la même ligne rouge: des coups de cœur musicaux, des découvertes. Nous sommes toujours à l'affût de beaux projets actuels. Nous aurons aussi un Studio Photo où les gens pourront se faire immortaliser habillés des cinq instruments de l'affiche, fabriqués en papier mâché. C'est une autre manière de dire que le "Jazz nous colle à la peau"

 

Le festival a toujours mis en avant les musiciens locaux.

En dirigeant un festival, on a plusieurs responsabilités. Par rapport au public, il faut leur proposer un beau contenu et les guider dans leurs découvertes. Notre rôle est aussi de faire travailler des musiciens locaux, et surtout de leur donner un challenge. J'aime lancer des cartes blanches aux musiciens afin qu'ils puissent présenter des choses différentes que ce qu'on voit habituellement, et finalement donner l'opportunité à une histoire d'éclore. Cette année nous accueillons Gauthier Toux (19 août), un pianiste vraiment magnifique. Il tourne beaucoup avec son trio et je lui ai proposé d'amener un invité. Finalement, il vient avec trois nouveaux musiciens, avec qui il prépare un prochain album en sextet. C'est donc la première fois qu'il présente ce projet en Suisse.

 

 

La programmation mise cette année sur le mélange des genres. À quelles belles rencontres peut-on s'attendre?

Vendredi, il y a le quatuor Jade dont j'aime l'approche sensible, qui vient accompagné d'Antonello Messina, un accordéoniste italien. Je me réjouis aussi de la venue de Panam Panic qui a invité le rappeur genevois Rootwords pour leur concert du samedi. C'est un mélange plus risqué qui clôtura le festival, le projet électro Twoflow. Ludan Dross, batteur des Young Gods, travaille depuis cinq ans sur ce projet qui mélange musique et vidéo à travers le travail de Jean-Lou Steinmann. C'est le projet le plus osé que j'ai programmé, un véritable défi.

 

Quel est le public de Jazz sur la Plage?

Le public a évolué. Nous avons mis plusieurs années à nous défaire de l'étiquette "fête villageoise", il a fallu quelques têtes d'affiche pour se donner une autre image et faire venir les gens. Nous avons aujourd'hui un noyau dur, qui vient pour écouter de la musique. À côté, y a aussi tous les gens qui viennent pour différentes raisons: parce qu'ils habitent à côté, parce que c'est dehors, pour la buvette… Je n'ai pas une volonté absolue que le festival soit important, je veux qu'il soit réussi. Que les 5000 personnes qui viennent soient ravies et que nous puissions nous occuper au mieux de notre public.

 

Comment voyez-vous l'évolution du festival?

Une professionnalisation d'amateurisme. Évoluer veut avant tout dire construire. Si l'année prochaine, nous arrivons à une dépense énergétique de 0 kilowatt, ce sera une évolution tout aussi importante. Nous visons un festival dont l'organisation serait plus professionnelle, et avec des enjeux plus importants.

 

Propos recueillis par Marie-Sophie Péclard

 

Festival Jazz sur la Plage 2017, Hermance les 18 et 19 août.

Programme en détail et renseignements sur leprogramme.ch ou sur le site de l’organisateur www.jazzsurlaplage.ch

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